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État des lieux de la Nature à Lille

Le parc Jean-Baptiste Lebas à LilleLe quartier du Bois Habité à LilleCet article inaugure une série sur la Nature dans la région. De très nombreux documents sont disponibles sur le site de l’Observatoire Régional de la Biodiversité et il est intéressant de résumer les données qu’ils contiennent pour tenter d’avoir une vue d’ensemble.

Précisons cependant que le contexte dans lequel ces documents ont été élaborés : ils partent du postulat que « L’environnement urbain est donc [le] cadre de vie [d’une grande partie des habitants du Nord Pas-de-Calais] et le bien-être des citoyens, ainsi que souvent leur santé, dépendent de la quantité et de la qualité des espaces verts urbains. » On a donc ici une vision très anthropocentrique pour une étude de la Nature, une vision du monde comme un jardin, sous l’angle principal du plaisir pour l’être humain.

Mais voyons tout de même les données qui ont été collectées.

Nous allons donc commencer par l’étude de la faune et de la flore dans les villes, et nous allons tout d’abord nous intéresser à la ville de Lille qui a la population la plus importante.

Dans le document sur La Biodiversité urbaine, la surface de la ville de Lille est estimée à 3504 hectares et la densité de population à 6627 habitants par kilomètres carrés. C’est une première donnée importante : la densité de population de la ville de Lille est donc plus élevée que des villes comme Hong-Kong, Rio ou Londres !

Sans surprise, la ville de Lille est composée de 93 % de territoires artificialisés (ce chiffre comprenant les parcs urbains), 3 % de prairie, de mégaphorbiaie (zone de transition entre la zone humide et la forêt ) et de roselière, 2 % de terres agricoles et de plantations d’arbres, 1 % de forêt et de fourrés et 1 % de milieu aquatique.

Ces caractéristiques ne sont pas générales à toutes les villes : on pourrait en effet penser qu’il est logique qu’une grande ville soit en majorité composée de territoires artificialisés mais nous verrons que ce n’est pas le cas pour Douai ou Cambrai par exemple.

Dans un premier temps, est évalué le pourcentage de zones naturelles, qui sont définies comme suit : « zones qui comprennent principalement des espèces indigènes et des écosystèmes naturels qui ne sont pas, peu ou plus influencés par des gestes humains, sauf lorsque de tels gestes sont destinés à préserver ou à améliorer les espèces indigènes ».

La ville de Lille comprend selon cet indicateur 4,9 % de zones naturelles. L’étude donne également une estimation haute en comprenant les parcs urbains (dont on peut se demander s’ils répondent réellement à la définition posée les auteurs…) qui s’élève à 12,8 %.

Ces zones naturelles (avec les parcs urbains) se découpent de la manière suivante : il y a environ 7 % de territoire avec un enjeu écologique et patrimonial faible, 3 % avec un enjeu secondaire, 2 % avec un enjeu fort et moins de 1 % avec un enjeu majeur.

Autrement dit, ces 12,8 % de zones naturelles représentent une faible part dans la surface totale de la ville de Lille et sont, en plus, de mauvaise qualité.

Le parc de la Citadelle à LilleCela s’explique notamment par ce qui est inclus dans les zones naturelles : les auteurs expliquent que cela va de la zone autour de la citadelle de Vauban (qui comprend des espaces comme le bois de Boulogne ou les roselières au bord du canal) à la pelouse du stade Grimonprez-Jooris (dont on peut se demander comment elle peut être classée comme zone naturelle !).

Dans une seconde partie, l’étude s’attache donc à évaluer la surface des espaces verts et parcs urbains, car ils peuvent constituer des abris pour la faune et la flore.

A Lille, ces espaces verts représentent 7,89 % du territoire de la ville. Cependant, il n’est pas possible de savoir si ces espaces verts sont des véritables refuges pour la Nature : là encore compte-t-on des espaces comme le stade Grimonprez-Jooris ? Si oui, quelle est la proportion de ce genre d’espace dans les 7,89 % ?

Les auteurs eux-mêmes expliquent que lorsqu’on évalue la biodiversité urbaine, c’est surtout le mode gestion de ces espaces verts qui est important. Autrement dit , ils soulignent que : « Ce n’est donc pas tant la quantité (la surface totale de parcs urbains) que la qualité (le mode de gestion de ces espaces) qui importe. »

S’il est certain qu’un grand espace de mauvaise qualité ne représente que peu d’intérêt pour la faune et la flore, il est absurde de dire que la quantité importe moins ! Les deux facteurs doivent avoir autant d’importance l’un que l’autre ! C’est d’ailleurs toute la question de la fragmentation des espaces naturels, fragmentation qui est très importante à Lille.

La proportion des zones arborées fait quant à elle triste mine : à Lille, elle ne s’élève qu’à 1,4 %. On voit bien la difficulté qu’ont les êtres humains à cohabiter avec les géants de la Nature : pollution, manque d’espace, manque de nourriture (par le ramassage des feuilles mortes par exemple) sont autant d’obstacles à la présence des arbres en ville.

Le document explique que la ville de Lille a pour politique par rapport aux arbres de laisser le bois mort dans le parc de la Citadelle et que l’autre grand chantier est la construction il y a quelques années du quartier du Bois Habité. Mais ce sont deux mesures bien pauvres. Il est assez étrange de présenter le bois mort comme une politique en faveur des arbres, ce qui laisse supposer qu’il ne doit pas y avoir de réel plan de préservation ni d’entretien. Et pour ce qui est de l’« éco-quartier » du Bois Habité, la densité des arbres a beau être supérieure au reste de la ville, de nombreux arbres sont obligés d’être taillés régulièrement du fait de la proximité avec les immeubles et quelques-uns ont carrément été coupés. Par ailleurs, la faune dans ce quartier reste très pauvre, signe que l’aménagement de la Nature n’a pas été bien pensé et n’a pas réussi à créer un espace vivant.

Le sujet suivant contenu dans le document est la question de l’eau et notamment de la perméabilité des sols. Sujet d’actualité puisqu’il y a quelques semaines encore, de nombreuses communes ont été touchées par les inondations.

Le parc Matisse à LilleLa perméabilité des sols est un sujet important : dans le document, ils expliquent que « en milieu urbain, 43 % de l’eau précipitée ruisselle contre seulement 10 % en milieu naturel. Cela réduit d’autant les possibilités d’infiltration des eaux pluviales, conduit à une décharge progressive des nappes d’eau souterraines (nécessaires pour l’alimentation en eau potable) et augmente les risques d’inondation. De plus, en ruisselant, les eaux de pluie, selon les surfaces rencontrées, se chargent en déchets et polluants (hydrocarbures sur les parkings par exemple) et finissent dans les milieux aquatiques. »

A Lille, il y a 18,3 % de zones perméables. Ce qui est bien en dessous de la valeur moyenne. Lille a donc un travail à faire également de ce côté.

Venons-en maintenant au cœur du problème : la présence des plantes et des animaux, qui n’est malheureusement traité que de manière superficielle dans ce document.

La ville de Lille compte 303 plantes vasculaires indigènes (des plantes qui ont des racines, une tige et/ou des feuilles et dont la présence est attestée avant l’an 1500) et 19 plantes vasculaires indigènes d’intérêt patrimonial. Elle compte également 17 espèces d’oiseaux, 12 espèces de rhopalocères (des papillons de jour), 1 espèce d’orthoptère (les criquets et sauterelles) et aucune d’odonate (les libellules et les demoiselles).

Il est à noter que ces relevés ont été faits par le Conservatoire Botanique National de Bailleul et par le Groupe Ornithologique du Nord, autrement dit des associations comptant quelques dizaines de salariés et dont les base de données sont remplies grâce à la bonne volonté de botanistes et observateurs bénévoles, amateurs ou professionnels. Il est atterrant de voir qu’il n’existe aucune instance officielle mesurant ce genre de données.

A cet égard, on peut souligner que les espèces mesurées sont très limitées – ce qui est difficile à reprocher aux organismes s’en occupant puisque l’intégralité du travail est réalisé par des bénévoles – et que revendiquer des services d’étude conséquent serait une juste exigence pour une politique écologiste sérieuse !

Il est tout de même malheureux qu’il n’y ait, par exemple, aucune évaluation des mammifères ou des reptiles ! Ou que les limaces et escargots, et les algues et les mousses, soient mis de côté…

Même si les auteurs du document estiment que le nombre de ces espèces est relativement important, on ne peut s’empêcher de penser que 300 plantes et 17 oiseaux différents, ça représente finalement bien peu. Et rien n’est dit sur le nombre d’individus pour chaque espèce ni sur leur environnement et la possibilité de développement des colonies.

Une autre lacune de ces indicateurs est le manque d’informations quant aux écosystèmes présents : il serait intéressant de savoir quels animaux sont en interaction avec quels autres animaux ou quelles plantes dans quel espace. De manière générale d’ailleurs, tous les indicateurs résumés dans cet article sont bien isolés les uns des autres. Il n’est fait aucun lien entre eux ce qui, au final, donne une vision très limitée de l’état de la Nature à Lille.

On comprend bien que l’état de la Nature à Lille est préoccupant (ce qui n’est souligné à aucun moment dans le document). Et on a une vision abstraite de la faune et la flore à Lille, il est donc difficile de se faire une idée concrète de quels animaux et quelles plantes sont présents.

La conclusion de tout cela est que la ville de Lille (ou le département du Nord) aurait bien besoin d’une instance d’étude de la Nature pour avoir de vraies données (en dehors des simples données géographiques) et pour pouvoir mettre en place des vraies mesures.

Quel avenir pour la friche Saint-Sauveur ?

Les territoires EuralilleLa friche Saint-SauveurA Lille, il existe un grand site en friche juste derrière la gare Saint-Sauveur. Cet espace avoisine les 23 hectares, soit 0,23 kilomètre carré, ce qui équivaut à un carré de 0,50 kilomètres de côté. Autrement dit, un espace immense dont le sort doit être décidé cette année.

Le projet pour la friche Saint-Sauveur est dirigé par SPL Euralille (la Société Publique Locale Euralille). SPL Euralille est une entreprise d’aménagement urbain dont les actionnaires sont la Métropole Européenne de Lille (30,52 %), la ville de Lille (30,38 %), le Conseil régional (10,28 %), le Conseil général (10,28 %) et les villes de La Madeleine, Roubaix, Tourcoing et Villeneuve-d’Ascq (toutes les quatre à hauteur de 4,63%).

SPL Euralille est spécialisée dans les projets à grande échelle et, depuis 1990, c’est elle qui gère l’aménagement de ce qu’on appelle « les territoires d’Euralille », qui s’étendent de La Madeleine à Porte de Valenciennes à Lille. On a donc déjà un aperçu des réalisations de cette entreprise et de ce qu’on peut attendre de l’aménagement de la friche Saint-Sauveur.

Et on ne peut pas dire que les espaces verts soient leur spécialité : leurs aménagements sont souvent minéraux, c’est-à-dire très orientés pierre et béton.

Or, actuellement, cette friche est laissée à la nature de nombreux arbres et arbustes occupent les lieux, hébergeant oiseaux (et certainement de nombreux autres animaux) qu’on peut entendre chanter quand on passe à côté et qui doivent être bien contents d’avoir trouvé là un espace où ils peuvent vivre sereinement.

Car, il faut bien l’avouer, la ville de Lille est particulièrement pauvre en espaces verts. Le seul espace digne de ce nom dans la ville est le parc de la Citadelle avec son bois de Boulogne. Et, en tant que seul espace vert, il est surpeuplé… Ce qui témoigne bien du besoin des habitants et des habitantes de Lille de se retrouver dans un espace de nature.

Malheureusement, la présentation qui est faite du projet sur le site de SPL Euralille ne semble pas allé dans le sens de l’aménagement de cet espace vert en conservant le maximum de nature.

Voici les orientations qu’on peut trouver sur ce site :

« Un quartier habité

  • Des logements de qualité pour tous
  • Avec des espaces partagés

Un quartier de la connaissance et créatif

  • Des activités créatives en lien avec les activités autour de la friche
  • Des bureaux aux formes variées
  • Avec des espaces partagés

Un quartier du temps libre

  • Des lieux pour se cultiver, lire, découvrir
  • Des lieux pour rencontrer, faire la fête
  • Des lieux pour faire du sport
  • Des espaces publics agréables, ouverts

Un quartier commerçant

  • Des commerces de proximité
  • Des boutiques créatives
  • Des cafés à thème
  • Des commerces de loisirs
  • Des marques innovantes, locales »

La friche Saint-SauveurIl est affligeant de voir à quel point la nature n’a aucune place dans ce projet. Pas une seule fois n’est abordé la question de la faune et de la flore. Des habitations, des bureaux, des espaces culturels et beaucoup de commerces mais pas de nature.

Pourtant, des voix se sont élevées contre cette vision de l’aménagement de la friche Saint-Sauveur. Un architecte lillois, Antoine Kubiak, déplore que le seul espace vert de ce futur quartier d’habitation s’étalera sur seulement 1,5 hectare (soit la moitié du parc Jean-Baptiste Lebas. Autant dire, rien du tout. Un micro-parc, à l’image de tous les micro-parcs lillois d’ailleurs.

L’architecte souligne également que ce parc se situera sous la ligne de métro aérienne. Autrement dit, à un endroit où, de toute façon, rien ne pouvait être construit…

Antoine Kubiak défend donc l’idée de faire de la friche Saint-Sauveur un grand parc urbain ! Un projet ambitieux qu’il a d’ailleurs développé dans un dossier intitulé La dernière opportunité d’un parc.

Il y développe plusieurs arguments. Tout d’abord, il explique qu’en effet, les chiffres montrent que Lille est d’une grand pauvreté quant à la disponibilité en espaces verts. Et, par conséquent, bénéficie d’une biodiversité urbaine désastreuse. La friche Saint-Sauveur est malheureusement le dernier grand site lillois libre qui permettrait de remédier un peu à cette situation.

Ensuite, il explique qu’il y a dans ce projet une grande discrimination par rapport aux habitants et aux habitantes populaires du quartier qui vont voir se construire encore plus d’immeubles, alors que les personnes plus aisées du Vieux Lille vont bénéficier de l’aménagement du parc de la Citadelle et avoir près de chez eux un espace vert toujours plus agréable.

Enfin, il souligne que le projet est une aberration quant à l’aménagement du territoire : cet espace va ramener entre 5000 et 6000 voitures alors que le quartier est déjà très pollué, du fait de la présence de l’autoroute juste à côté, mais aussi des grandes artères de circulation qui voient déjà une circulation automobile dense permanente.

Que la friche de Saint-Sauveur soit entièrement consacrée à un grand parc urbain fait rêver tout ceux et celles qui s’intéressent et apprécient un tant soit peu la nature mais il faut rester réaliste : la description du projet donnée par SPL Euralille ne laisse malheureusement pas de place à l’espoir de voir un tel projet de grand parc urbain se réaliser.

Les bénédictions d’animaux à la fête de Saint-François d’Assise à Chéreng

La fête de Chéreng de Saint-François d'AssiseLe lâcher de pigeons de la fête de Chéreng de Saint-François d'AssiseNous expliquions dans notre dernier article que les chevaux de la police montée ont été bénis pour porter chance aux policiers lors de l’Euro 2016. Mais cette « coutume » est en fait pratiquée depuis plusieurs années, depuis 2012 exactement à Chéreng.

Qu’est-ce qu’elle signifie ? Et par qui est-elle organisée ?

Tout d’abord, cela se passe à Chéreng, qui est certes une petite commune de 2976 habitants, mais qui est très proche de Villeneuve d’Ascq. Ce n’est donc pas un village de campagne isolé.

Ensuite, on peut voir que ces bénédictions étaient, au départ, organisées au siège de la Fédération des Chasseurs du Nord, le château de Chéreng. La collaboration avec la Fédération des Chasseurs avait d’ailleurs l’air plutôt étroite : en 2012, la messe de la bénédiction se déroulait en présence des trompes de chasse d’Hazebrouck (et il semble qu’elles soient présentes à chaque manifestation) et, en 2013, la bénédiction a eu lieu le jour de l’Assemblée Générale de la Fédération des Chasseurs du Nord.

Cependant, depuis 2014, il semble qu’il y ait eu divergence entre la paroisse et les chasseurs et la fête est dès lors organisée sans ces derniers, à la ferme équestre de l’Autour. « Auparavant, nous bénéficiions de la logistique de la Fédération des chasseurs mais elle a changé son fusil d’épaule » explique l’un des organisateurs.

A chaque nouvelle édition, la fête prend de l’ampleur et, cette année, en 2016, la messe de bénédiction se transforme en fête de la nature.

Tout d’abord, il y a une grande messe à laquelle tous les animaux sont autorisés.

« C’est Olive, la jument municipale, qui ira chercher le curé à l’église de Chéreng pour l’amener, en calèche, au manège de la ferme équestre de l’Autour, où aura lieu l’eucharistie à 11 h. Six cents fidèles sont attendus. Ils pourront faire bénir leurs animaux à l’issue à la messe, vers 12 h 15. »

A la fin de la messe, il y a un lâcher de 150 pigeons du club colombophile et l’après-midi, le journal catholique La Croix du Nord détaille qu’il y aura « des animations avec les chevaux de la brigade équestre et les chiens du SDIS 59 (service départemental d’incendie et de secours) raviront les familles, ainsi qu’une démonstration sportive de Poney Ball avec le centre hippique d’Hem. »

La fête de la nature se concentre donc sur une vision très limitée de la nature. Le père Nicolas Duquesne, qui officie la messe, précise :

« Nous avons lancé ce rendez-vous avant la sortie de l’encyclique du pape François sur l’écologie ! Nous voulons signifier que la Création nous est confiée, c’est une sorte de sensibilisation. Le lien avec saint François d’Assise, ami des animaux, sera rappelé par une prière. Nous mettons en avant les animaux domestiques, mais aussi ceux qui rendent service aux hommes, dans le secours, le handicap »

Le fait de mettre en avant les animaux qui sont au service de l’être humain n’est pas sans rappeler la « juste place » de l’animal. Dans cet article, nous expliquions que cette vision de l’animal comme n’existant qu’en tant qu’outil utile à l’être humain tenait du catholicisme social.

Bien sûr, les gens participant à ces messes considèrent certainement leurs animaux plus que comme de simples outils. Toutefois, la fête en elle-même ne peut être séparée de la tradition catholique et de sa vision utilitariste des animaux.

Cette manifestation est appelée fête de Saint-François d’Assise. Et cela a son importance. François d’Assise est le patron des écologistes : il a été officiellement proclamé par Jean Paul II, le 29 novembre 1979 « patron céleste des écologistes ». Il est également souvent appelé le « saint aux oiseaux » ou le protecteur de toute créature.

Mais si François d’Assise est désigné comme l’ami de tous les animaux, la fête de Saint-François d’Assise tient en réalité plus des traditions rurales liées à l’agriculture. Un autre de l’équipe d’organisation explique en effet que les bénédictions d’animaux étaient traditionnelles dans les campagnes. « Nous renouons avec une belle tradition, quand le prêtre allait dans les fermes bénir les animaux et les récoltes ».

La Fan Zone de Lille

Les plaques de PVC de la Fan Zone de Lille« Les premiers fûts de bière sont arrivés, le périmètre de sécurité est installé et les postes de secours ont été posés. » Voici la première ligne – édifiante – de l’article du quotidien gratuit 20 minutes au sujet de la Fan Zone de Lille.

Pour rappel, la Fan Zone de Lille, c’est 13 000 m2 dédiés à l’Euro 2016 avec un écran géant qui diffusera tous les matchs. Elle sera justement ouverte tous les jours de match, de 10 heures à minuit.

La Fan Zone sera donc ouverte dès le vendredi 10 juin 2016 pour le premier match France-Roumanie.

Son montage a débuté le 17 mai en partie sur l’esplanade François Mitterrand, en partie sur le parc Matisse. Une partie de ce montage a consisté à recouvrir la pelouse du parc de plaques de PVC.

Une des portes d'entrée dans la Fan Zone de LilleSi les pelouses ne sont pas la forme la plus naturelle de nature que l’on puisse trouver, il est toujours regrettable – surtout dans une ville aussi peu pourvue en espaces verts que Lille – que ces parcelles de verdure soient sacrifiées au profit de l’Euro.

Ainsi dans les articles de La Voix du Nord, de nombreux lecteurs s’inquiètent de l’état dans lequel seront les pelouses (qui seront donc recouvertes pendant près de deux mois) mais aussi le parc dans sa globalité.

Le parc Matisse n’est certes pas réputé pour être un havre de paix et de nature mais il n’empêche qu’installer une Fan Zone dans un parc montre bien la mésestime de la métropole lilloise pour ces espaces verts.

Et les animaux ne sont pas non plus en fête pour l’Euro 2016 à Lille puisque chiens et chevaux seront mis à profit pour la sécurité. Ainsi, ce sont dix chiens détecteurs de ceintures d’explosifs qui vont vadrouiller parmi les supporters pour assurer leur sécurité.

Toutefois, un article de France 3 explique que les chiens eux-mêmes ne peuvent être protégés par des équipements lourds, qui leur ferait perdre de l’efficacité. Le chien, qui a été éduqué pour s’asseoir devant une personne porteuse d’explosifs pour le « marquer », est donc en première ligne en cas d’attaque terroriste. De ce fait, si la France s’était émue du sort de Diesel, la chienne qui avait été tuée lors d’un assaut à Saint-Denis suite aux attentats du 13 novembre, il faut bien comprendre que ces chiens sont destinés à être sacrifiés dans le cas d’un attentat.

La compétition mobilisera également des chevaux qui, comble de l’absurdité, ont été bénis pour la fête de Saint-François d’Assise, dimanche 5 juin à Chéreng. Ceci pour porter chance à la police pendant les interpellations et les patrouilles !

Un autre point important est la question de l’alcool. Même s’il est probable que la bière sera le seul alcool proposé (sous prétexte que, n’étant pas un alcool fort, il causerait moins de problèmes), le fait d’avoir autorisé sa vente inquiète déjà de nombreuses personnes.

Des futs de bière pour la Fan Zone de LilleLe football et l’alcool sont associés comme deux phénomènes festifs mais d’une part, il est triste qu’un sport soit autant associé à un alcool (qu’une boisson destructrice de la santé aille de pair avec du sport, pratique par définition visant à préserver la santé, est d’ailleurs révélateur de certaines des valeurs véhiculées par le football). Beaucoup craignent que la situation ne dégénère vite.

Enfin, la Fan Zone n’échappe au gros défaut du football, souvent mis en avant et critiqué par de nombreuses personnes (y compris celles qui apprécient le football) : l’Euro brasse des quantités astronomiques d’argent.

Skip the use, le groupe de rock ronchinois à la culture plutôt alternative, s’est ainsi laissé débauché par Carrefour pour chanter pour la France.

L’organisation de la Fan Zone reflète également la forte dimension commerciale de l’événement. Par exemple, il sera impossible aux supporters de ramener leur boisson et leur nourriture, les deux devant obligatoirement être achetés sur place chez les sponsors de l’UEFA.

Il y aura également évidemment de nombreuses boutiques commercialisant des produits dérivés.

Le coût de la Fan Zone est estimé à 4,4 millions d’euros et la ville de Lille espère une retombée économique estimée à 12 millions d’euros.

En conclusion, la Fan Zone témoigne de la dimension anti-nature et mercantile de l’événement Euro 2016. Il serait cependant inexact de le limiter à cela : les grands événements sportifs sont des événements populaires. Les gens aiment le sport et beaucoup suivent diverses compétitions. La Fan Zone n’échappe d’ailleurs pas totalement à cette dimension populaire puisque des initiations et des démonstrations de football ainsi que des concerts seront également organisés. Il est simplement dommage que cette manifestation prenne une autre dimension du fait des organisateurs.

Les réserves naturelles du Nord

Les réserves naturelles du NordUne grenouilleLe 8 mai 2015, La Voix du Nord publiait un article sur les orchidées sauvages de la région. L’article parle notamment des pelouses calcicoles des coteaux calcaires du Boulonnais et de l’Artois, un lieu privilégié pour trouver des orchidées. Cependant, l’article explique également que ces pelouses « auraient perdu entre 50 et 75 % de leur surface en un siècle ».

Des réserves existent pourtant, comme la réserve naturelle régionale des Riez de Nœux-les-Auxi qui fait huit hectares et qui accueillent onze espèces d’orchidées sur les 44 que comptent la région. Mais que représentent ces huit hectares ? Huit hectares correspondent en réalité à 0,08 kilomètre carré. Autrement dit, si cette réserve était un carré, elle serait un carré de 280 mètres de côté. Pour donner un ordre d’idée, cela représente environ 10 terrains de football.

Qu’en est-il du Nord ?

Le département comprend 14 réserves naturelles régionales et 1 réserve naturelle nationale. À elles 15, ces réserves naturelles occupent 602 hectares du département (qui fait en tout 5743 km2). Elles représentent donc 0,1 % du département. Or, à l’échelle nationale, les réserves naturelles représentent 0,5 % du territoire métropolitain – ce qui est déjà très peu. Autrement dit, le Nord comporte 5 fois moins de surface de réserve naturelle que la moyenne nationale.

C’est un bien triste constat.

Comme on peut le voir sur la carte, les réserves sont réparties de manière plutôt homogène sur l’ensemble du département. Dans ces réserves, on trouve des zones humides, des tourbières, des marais, des massifs boisés, des prairies calcicoles et des dunes. Sur les 15 réserves, une seule fait plus de 1 kilomètre carré.

Plusieurs questions se posent alors.

Tout d’abord, pourquoi y a-t-il si peu de réserves sur notre territoire ? On pourrait tout de suite se dire que c’est dû à la densité de population humaine. Cela peut peut-être expliquer la taille, si petite, des réserves naturelles du Nord. Mais, alors, il serait possible de les multiplier sur le territoire.

Une autre question se pose en conséquence : à partir de quelle taille une réserve naturelle a-t-elle un intérêt pour le développement de la faune et la flore ? Il est évident que plus la réserve est grande, plus les animaux et les plantes pourront se multiplier.

Par conséquent, on peut se demander, dans un département comme le Nord, s’il est intéressant d’avoir de nombreuses réserves de petite taille ? Ou cela est-il plutôt inefficace et faut-il alors mettre en œuvre un grand chantier de mise en place de grandes réserves naturelles ?

On est bien sûr tenté de dire qu’il faudrait les deux.

Un autre point qui soulève des questions est celui des critères de classification d’une zone en réserve naturelle. En général, lorsqu’on se renseigne sur une réserve naturelle, on découvre surtout les espèces rares qui sont hébergées dans ces réserves.

Il est intéressant de voir que des espèces – qu’on ne trouve parfois nulle part ailleurs – sont protégées dans ces zones. Cependant, cela veut-il pour autant qu’une poule d’eau ou un iris des marais ne serait pas digne de bénéficier d’un lieu de vie protégé ?

Nous pensons que tout animal ou toute plante mérite qu’on crée une zone protégée. Le Nord pourrait ainsi multiplier les réserves naturelles, même dans des endroits n’hébergeant que des êtres qualifiés de « banals » !

En effet, l’intérêt d’une réserve n’est pas de « collectionner » les espèces rares mais de préserver des espaces de nature, quels qu’ils soient.

Enfin, une dernière question qui se pose est celle de l’ouverture des réserves naturelles aux êtres humains. Faut-il interdire complètement la présence des êtres humains ? Faut-il donner la possibilité aux gens de venir visiter les réserves, dans des conditions précises ? Sachant que les animaux vivent avec nous quotidiennement dans des écosystèmes très variés, quel est l’impact réel des visites dans les zones protégées ?

Voici autant de questions auxquelles il serait intéressant de trouver une réponse pour pouvoir réfléchir au moyen de développer toujours les réserves naturelles dans notre département.

L’association ANICA

Un stand de l'association ANICANUn flyer de l'association ANICAée en septembre 2006, l’association ANICA est basée et agit principalement à Douai. Dans la présentation de son site, elle souligne l’importance de prendre conscience de la disparition toujours plus grande des animaux sauvages et de la gravité de cette situation.

Dans un souci d’efficacité, l’association a choisi d’orienter son action contre les cirques avec animaux – même si elle continue à participer à d’autres luttes comme l’interdiction du commerce de la fourrure. Elle agit donc pour expliquer (notamment à travers les différents festivals et l’organisation de conférences) et montrer le mal que font les cirques aux animaux.

L’association a ainsi réalisé un travail d’enquête considérable sur le cirque Zavatta lors de sa présence à Douai en novembre 2008. Le reportage est disponible en ligne. En voici quelques extraits :

« une fosse aux reptiles ou les serpents sont malades suite à la lampe chauffante tombée en panne en début de saison du cirque. »

« nous avons également appris toujours à la date du 3 novembre 2008 après 18h que le lion, le lionceau ainsi que les 3 lionnes présents depuis le 31 octobre 2008 sur la place Brossolette à la ville de Douai n’avaient toujours pas été nourris d’après les informations toujours de la personne du cirque. Nous nous sommes interrogés sur la raison de l’absence de viandes pour ces fauves. Il s’avère que ce cirque n’a pas pu se fournir en viande à ces dates jusqu’à ce jour. A la date du 4 novembre, nous ne savons toujours pas si le cirque a trouvé le moyen de nourrir leurs fauves. (le lion, le lionceau et les 3 lionnes) »

« Le foin de la ménagerie du lama, des petits poney ainsi que de la chèvre est mélangé à de grosse flaque d’eau et aux excréments. Ce foin sert à les nourrir alors qu’il aurait simplement fallu déplacer l’enclos de la ménagerie de quelques mètres afin d’éviter la grosse flaque d’eau et de nettoyer correctement les excréments.

Le lama n’est pas tondu, ni même entretenu, il porte un harnais abîmé autour du cou qui lui sert beaucoup trop, à la limite de lui rentrer totalement dans la peau. »

« Un chien de petite taille et de couleur noir et blanc est également présent sur le cirque, nous avons remarqué qu’il avait un problème avec ses pattes arrières. Nous nous interrogeons donc sur son état de santé vous pourrez distinguer son problème lorsque nous le faisons marcher. Il semble maigre, il marche difficilement et semble avoir mal. Est-il soigné pour ce problème de santé ? Qu’est-ce qui a bien pu arriver à ce petit chien ? »

Ces extraits montrent à quel point l’enquête est détaillée. Le travail de dénonciation est donc précis et très sérieux.

L’association a d’ailleurs participé à ce que certaines villes refusent finalement d’accueillir des cirques avec animaux.

Elle nous a expliqué (lors du festival de la protection animale de Valenciennes) l’importance pour les gens qui le peuvent d’adhérer à cette association : les maires qui accueillent des cirques avec animaux et qui rencontrent l’association leur posent systématiquement les mêmes questions, à savoir combien ils ont d’adhérents et, surtout, combien ils ont d’adhérents dans leur ville.

Soutenir une association telle qu’ANICA peut donc peser dans le choix des villes d’accueillir ou non des cirques avec animaux, qui constituent aujourd’hui une aberration culturelle.

Si vous souhaitez découvrir plus l’association ANICA, retrouvez leur site et leur page facebook (qui semble plus active au jour de l’écriture de l’article).

À propos de la pièce Orestie (une comédie organique ?)

Une scène d'Orestie (une comédie organique ?)Une scène d'Orestie (une comédie organique ?)Ces mardi 26 et mercredi 27 avril 2016 aura lieu à l’Hippodrome de Douai une pièce de théâtre intitulée Orestie, (une comédie organique ?). Cette pièce a été mise en scène par Romeo Castellucci et a pour caractéristique de faire intervenir sur scène des animaux du « Parco faunistico Zoo delle Star ».

Ce sont donc 2 chevaux, un âne et 6 macaques rhésus (en cage sur scène pendant une vingtaine de minutes) qui vont participer à cette pièce.

Et leur participation devrait révolter. Qu’ont donc à faire ces animaux sur scène ?

La plupart des gens aujourd’hui se détournent des cirques avec des animaux, écœurés tant par le traitement qui leur est réservé que par l’utilisation inutile d’animaux dans des spectacles qui peuvent s’en passer.

Alors pourquoi une pièce de théâtre échapperait au même sentiment, à la même condamnation ?

Il n’y a aucune raison qui pourrait justifier cela.

Et, pour appuyer cette réponse, il faut voir à quel genre de pièce on a affaire.

Le théâtre de l’Odéon retranscrivait il y a quelques mois les notes de mise en scène données par le metteur en scène Romeo Castellucci :

« Si on met au second plan la poésie de l’ORESTIE, si on élimine le splendide édifice exposé à la lumière du soleil, ce qui reste – visible et terriblement fondamental – c’est la violence. »

Selon les termes même du metteur en scène, l’ambiance de la pièce est donc focalisée sur le thème de la violence. De fait, un théâtre de Lyon déconseillait le spectacle aux moins de 16 ans.

Pour se faire une idée un peu plus précise de cette pièce, voici ce que disait Telerama en novembre 2015 :

« Orestie (une comédie organique ?), où c’est un trisomique qui incarne Agamemnon, une femme nue et obèse qui figure Clytemnestre, deux géants squelettiques, Oreste et Pylade et des singes, les Erinyes, tandis que des objets, des éclairages évoquent Picasso et Duchamp, des lapins mécaniques, le chœur antique, et que surgit un bourreau encagoulé et en tenue SM. »

On voit donc bien à quoi on a affaire : un pièce mêlant glauque et violence, une représentation artistique visant à choquer et à provoquer des sensations fortes, typique de l’art contemporain.

Et dans ce cadre, les animaux ne sont là que pour servir ces objectifs. Ils sont là pour apporter une charge symbolique qui se veut indispensable mais qui n’apporte finalement qu’un peu plus de sordide au sordide : des animaux sortis d’un zoo, déplacés dans toute la France, pour être mis en spectacle dans une pièce qui se veut provocatrice, mais qui ne fait que refléter et donc se conformer à la folie du monde d’aujourd’hui dans ce qu’il a de pire.

Car il est évident que l’objectif est justement de refléter le pire. Or, le meilleur existe aussi : il est possible de mettre en avant l’espoir, le progrès, l’entraide. Mais cela ne répond pas aux critères d’un artiste voulant se faire connaître pour son côté provocateur, dont les milieux artistiques sont très friands de nos jours.

Gageons que la majorité des gens seraient choqués et écœurés par une telle pièce. Et c’est justement là un signe d’espoir ! Ne nous laissons pas berner par le désir de fausse rébellion de certains artistes (qui est finalement en accord avec la décrépitude de notre société), des artistes exploitant des animaux, et défendons la culture positive et progressiste !

J’ai des abeilles sauvages dans mon jardin, que faire ?

Une abeille sauvage Megachile rotundataUne abeille sauvage Osmia rufaUne personne nous a contacté pour nous poser la question suivante : ayant des abeilles sauvages dans son jardin, elle se demandait si elles étaient dangereuses, notamment pour les enfants (un enfant jouant au ballon pourrait par exemple « énerver » les abeilles et les pousser à aller piquer celui-ci). Cette personne voulait ensuite savoir s’il était possible de déplacer ces abeilles.

Nous avons trouvé les réponses à ces questions sur le site abeillessauvages.com.

À la question : les abeilles sauvages sont-elles agressives ? Voici la réponse de ces spécialistes :

« Les mâles de toutes les 20,000 espèces ne possèdent pas de dard – c’est une adaptation de l’ovipositeur (la structure qui pond les œufs ) de la femelle. Par rapport aux femelles solitaires, ce qu’elles possèdent ne ressemblent guère à celles des abeilles à miel (pas de barbe ni de grande quantité de venin). Également son comportement (surtout son niveau d’agressivité) envers les autres animaux n’est pas du tout le même à cause de leur cycle de vie. Voila pourquoi :

– Elles n’ont pas de miel à défendre.

– Leurs progénitures sont bien cachés dans les tunnels les uns après les autres ;

– Toute agressivité d’une seule abeille (sans soutien des membres d’une colonie) court le risque de la mort ou blessure par des animaux plus grand qu’elle ;

– Son incapacité éventuelle va risquer de laisser exposer son nid ouvert et peut détruire sa ligne génétique si le nid n’est pas fini/bouché.

L’évolution naturelle a sélectionné les abeilles qui évitent les conflits inutiles et leur comportement – surtout les abeilles que j’encourage – est farouche. Tout simplement elles m’évitent. Depuis 9 ans je me mets devant les nids et je les filme sans incident. Si je bloque l’entrée d’un nid, l’abeille va se retirer à quelques mètres et elle va voler en cercle à une distance de sécurité. »

Allant plus loin sur cette question, voici ce qu’ils ajoutent :

« Est-ce que vous connaissez quelqu’un qui a été piqué par une abeille maçonne ?

Je ne connais personne dans mon réseau extensif qui à été piqué par une abeille maçonne. Le seul incident raconté est par un entomologiste (Christopher O’Toole) en Angleterre qui à voulu savoir si l’Osmia rufa étaient capable de le faire. Il a pris une abeille entre ses doigts et il l’a forcé contre sa peau pour connaître sa réaction. Il a écrit dans son livre que la douleur était au niveau d’une piqûre de moustique. Il n’y a ni de barbe sur le dard (comme l’abeille à miel) et par conséquent, ni de venin en quantité transféré.

Pour les abeilles tapissières – seulement deux personnes ont témoigné d’avoir été piqué: la première, une photographe d’abeilles où l’abeille s’est posée sur son épaule et elle l’a brusquement balayé en pensant que c’était une mouche. Elle m’a dit qu’elle a été piqué car sa main couvrait l’abeille et la serrait contre son épaule. Elle pensait que l’abeille se sentait menacer. La piqûre était seulement comme une petite piqûre d’épingle.

Le mari de la deuxième personne avait essayé de remettre une tapissière (Megachile rotundata) probablement fatiguée, sur son nichoir l’abeille n’avait pas apprécié son geste et l’avait piqué. La piqûre n’était pas forte du tout.

(Petite astuce: la meilleure façon de déplacer une abeille trouvée par terre à un coin ensoleillé ou pour la remettre sur un nichoir est avec un coton tige ou la tige d’une plante). »

Les abeilles sauvages ne présentent donc aucun danger pour l’être humain (ni pour les animaux vivant avec nous). L’auteur du site termine en précisant qu’en cas d’allergie forte aux abeilles, le mieux reste évidemment de consulter un médecin mais qu’a priori, il n’y a absolument aucun risque.

Il n’y a donc pas de raison de vouloir les déplacer et c’est même plutôt une chance que d’en avoir dans son jardin !

Le festival de la protection animale de Valenciennes

Affiche du festival de la protection animale à ValenciennesHier, samedi 9 avril 2016, se déroulait la 1re édition du festival de la protection animale organisé à Valenciennes. Il se prolonge aujourd’hui dimanche et on ne peut que conseiller de s’y rendre.

Les très nombreuses associations présentes donnent un aperçu des personnes mobilisées dans la région. Après avoir parcouru les nombreux stands, de nombreux points communs ressortent.

La grande majorité des associations présentes ont comme objectif le secours aux animaux dits « domestiques » : chiens, chats, mais aussi furets, lapins, ânes et autres équidés. Cette orientation citadine est bien évidemment due au profil de la région, au dense tissu urbain. Les gens se mobilisent en fonction des besoins des animaux présents.

Ainsi, une des questions principales mises en avant lors de ce festival est la nécessité de la stérilisation des chats. Le problème des chats enfermés dehors, laissés la plupart du temps sans soin (non stérilisés, non vaccinés, sans aucun abri) est récurrent.

Une des bénévoles présente nous expliquait l’absurdité de considérer le chat comme un animal pouvant vivre seul dehors. Le chat que nous connaissons aujourd’hui est un compagnon intime de l’être humain, dont la vie a depuis des milliers d’années été commune à la nôtre.

Et il est absurde de considérer de nos jours que le chat pourrait vivre de manière sauvage. Cette bénévole nous disait qu’il est finalement tout aussi absurde de demander à un chat de vivre de manière sauvage que de demander à un chien de vivre comme un loup…

Les associations présentes sont principalement de petites structures, travaillant de façon complémentaire mais différente des SPA : dans ces associations, généralement pas de refuge mais un fonctionnement basé sur le système des familles d’accueil.

De ce fait, le besoin essentiel de la plupart de ces associations, en plus de familles adoptantes, est la recherche de familles d’accueil sérieuses et durables. Nous avions d’ailleurs écrit un article au sujet de l’importance d’être famille d’accueil, évidemment dès que les conditions sont réunies pour le faire.

Affiche du festival de la cause animale à DouaiIl semble particulièrement difficile pour les associations de garder les familles d’accueil : de nombreux bénévoles nous ont en effet expliqué que plusieurs familles d’accueil « craquent » sur l’animal qu’elles accueillent – normalement temporairement – et les adoptent, renonçant ainsi au rôle de famille d’accueil.

Bien sûr, les associations ne peuvent reprocher cela aux familles, préférant avoir des familles d’accueil pour un temps court que pas de famille du tout. Cependant, il est vrai que les personnes souhaitant s’investir dans des associations se basant sur les familles d’accueil doivent se préparer pour pouvoir rester, autant que possible, des familles d’accueil et accepter de laisser les animaux rejoindre d’autres familles pour pouvoir accueillir ensuite d’autres animaux.

Enfin, on peut aussi noter la volonté des organisateurs, et de plusieurs associations, de proposer des aliments véganes. C’est là une démarche intéressante dans la cohérence qu’elle présente par rapport à la protection animale.

En conclusion, le festival de la protection animale est une mobilisation populaire et authentique, rassemblant des personnes impliquées dans le secours aux animaux qu’il est important de soutenir.

Ajoutons aussi que le week-end du 21 et 22 mai 2016 se déroulera le festival de la cause animale à Douai, organisé par l’association ANICA, qui était présente au festival de Valenciennes.

La bibliothèque des graines du Conservatoire Botanique de Bailleul

La bibliothèque du Conservatoire Botanique de BailleulDes vulnérairesDepuis le dimanche 20 mars, nous sommes « officiellement » rentrés dans le printemps. Les jonquilles et les cerisiers fleurissent, débutant le renouveau annuel de la nature.

En ce début de printemps, il nous a semblé intéressant de mettre en avant une initiative menée par le Conservatoire Botanique National de Bailleul. Cette initiative, c’est la bibliothèque des graines.

Voici comment le Conservatoire décrit la procédure :

« 1) vous choisissez les espèces qui vous intéressent et qui correspondent aux conditions écologiques de votre jardin

2) vous signez une charte qui vous lie moralement au CBNBl

3) vous semez les graines

4) vous profitez de la floraison puis de la fructification

5) vous prenez le soin de récolter une partie des graines produites

6) vous nous les retournez afin de réalimenter notre stock »

Pourquoi un tel projet nous semble-t-il particulièrement intéressant ?

Tout d’abord, parce qu’il fait participer activement les gens à la perpétuation de la conservation de graines locales et sauvages.

En effet, d’autres associations proposent également de donner des graines pour pouvoir faire pousser des plantes. Mais, là où l’initiative du Conservatoire est intéressante, c’est que la personne qui fait la démarche de demander des graines s’engage aussi à en renvoyer une fois que les plantes ont fleuri puis que les graines sont bien mûres.

Toutes les associations ne font pas cela. Bien souvent, il est possible de renvoyer des graines mais cela ne fait pas vraiment partie du processus.

Alors que dans le projet du Conservatoire, il y a un véritable engagement des personnes participantes pour renouveler le stock de graines.

Car il faut savoir que les graines perdent chaque année un peu plus leur pouvoir germinatif. Quand on conserve des graines, on ne peut donc les garder indéfiniment. Pour pouvoir renouveler le stock, il faut par conséquent planter certaines graines et en récolter de nouvelles.

Ainsi, les personnes participant au projet permettent ce renouvellement et ne plantent pas des graines uniquement pour leur propre intérêt.

Le deuxième point positif que nous voyons à cette initiative est le fait que les plantes proposées ne sont pas des plantes potagères.

La liste des plantes est la suivante : la Nielle des blés, la Centaurée scabieuse, la Salsifis des prés, la Grande marguerite, la Vulnéraire (sur la photo ci-contre), l’Hélianthème jaune, la Petite pimprenelle, la Digitale pourpre, et la Primevère officinale.

En effet, il est courant, dans ce genre de projet, que les plantes proposées soient uniquement des herbes aromatiques ou des légumes. Cela participe notamment de la tendance actuelle à vouloir exploiter chaque parcelle de terrain vacant pour faire pousser des plantes comestibles.

Or, la logique sous-jacente peut être gênante : c’est celle de vouloir absolument faire pousser des plantes « utiles » à l’être humain dès qu’on a un espace de libre. C’est généralement présenté comme une démarche écologique : faire pousser des fruits et légumes sans pesticides, dans des petits potagers, « à l’ancienne ».

Nous ne pensons pas que ça aille dans le bon sens.

Là où certaines personnes disent oui à l’agriculture pour chaque carré de sol libre, nous disons oui à la nature pour chaque carré de sol libre !