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4 jours de fermeture d’une route de Phalempin pour la reproduction des crapauds !

30 mars 2015 - Associations & refuges, Protection des animaux

Un crapaud et des tétardsDe nombreux tétardsLes crapauds vivent généralement sur la terre ferme et ce, jusqu’à ce que la période de reproduction débute et qu’ils se rapprochent des étendues d’eau pour pouvoir y pondre leurs œufs. En effet, une fois éclos les têtards restent dans l’eau un mois et demi à trois mois jusqu’à se métamorphoser en petits crapauds.

Les crapauds adultes retournent alors dans des zones plus sèches et se cachent sous des feuilles, des pierres ou à l’intérieur de souches. Au bout de plusieurs années, ils atteignent eux-mêmes la maturité sexuelle et cherchent eux aussi à atteindre une étendue d’eau pour pouvoir se reproduire à leur tour.

Dans le Nord, la période de reproduction se déroule généralement courant mars. Elle se produit dès que les températures sont assez douces mais que l’ambiance reste humide.

Le problème, c’est qu’avec l’extension des constructions humaines (villes mais aussi villages), les lieux d’habitation des crapauds et les lieux de reproduction croisent généralement des routes. Et c’est malheureusement un problème connu dans la France entière : un grand nombre de crapauds se font écraser lors de ces grandes migrations vers les étendues d’eau.

Dans le Nord, le problème se pose entre autres pour les crapauds se déplaçant jusqu’aux étangs de la forêt de Phalempin.

Si certains bénévoles posent des grillages et des pièges cuvettes pour pouvoir capturer et les transporter eux-mêmes jusqu’aux étangs concernés, il y a aussi la possibilité de construire des « crapauducs » (nous n’avons cependant pas réussi à savoir s’il y en existe actuellement dans le Nord).

Mais au niveau de la route départementale, aucune de ces deux solutions n’a été choisie. Non. Il a été opté pour pas moins que la coupure la RD62A (une route départementale donc) au niveau de la ville de Phalempin… pendant 4 jours complets ! Le conseil général a même réalisé des affiches pour alerter les usagers de cette route.

Et c’est une association, Roost-Warendin Nature, qui surveille le moindre signal de ce début de migration. Une fois le début constaté, l’association contacte le conseil départemental qui va fermer la route.

La méthode a fait l’objet de plusieurs articles dans La Voix du Nord ce mois-ci car, à ce jour, les crapauds n’ont toujours pas commencé leur grande migration. Le temps n’est en effet pas encore adapté.

Cette initiative radicale – combien de communes peuvent se vanter d’arrêter la circulation pendant 4 jours pour aider les crapauds à se reproduire ? – présente malgré tout de petits défauts. En effet, des crapauds peuvent traverser en dehors de ces 4 jours d’arrêt de la circulation, et, dans ce cas, leur sort peut être funeste.

La construction de véritables crapauducs ne serait-elle pas finalement une meilleure solution ? Ils permettraient aux crapauds de traverser toute l’année sans crainte.

En réalité, si. L’association Roost-Warendin Nature explique même, dans un article de La Voix du Nord, que ce serait l’idéal.

« Un gros tuyau qui s’enfonce sous la route et ressort de l’autre côté. La difficulté, c’est qu’il faut de la lumière naturelle, donc qu’il ne soit pas trop long, et il ne doit pas se remplir d’eau. On ne peut donc pas en aménager partout… Mais, c’est vrai que ça protégerait aussi les petits, quand ils font la migration en sens inverse. »

Car si tout est mis en place pour aider les crapauds à aller vers l’étang où se fait la reproduction, il est, par contre, impossible de bloquer la route pour le retour car il se fait en ordre dispersé.

Toutefois, le crapauduc semble être une construction difficile à obtenir.

En effet, dans la ville de Hamel (près d’Arleux), le GON dresse des barrières temporaires et fait traverser les crapauds dans des sauts portés par des bénévoles. Cela fait maintenant plusieurs années que cela se passe ainsi. Or, normalement, l’objectif de ces barrières temporaires est de prouver l’utilité de la construction d’un crapauduc sur le site et d’évaluer précisément à quel endroit de la route son installation serait la meilleure.

Mais La Voix du Nord parle de ce projet de crapauduc à Hamel depuis 2011. Et pour l’instant, aucun véritable crapauduc n’a l’air d’être programmé puisque cette année encore les bénévoles se sont mobilisés pour monter les barrières temporaires puis se sont relayés pour faire traverser la route aux crapauds.

En tout cas, l’initiative presque incroyable du blocage de la route à Phalempin a le mérite d’exister. Il était important de la souligner.