Menu

À propos de la pièce Orestie (une comédie organique ?)

20 avril 2016 - Arts & culture

Une scène d'Orestie (une comédie organique ?)Une scène d'Orestie (une comédie organique ?)Ces mardi 26 et mercredi 27 avril 2016 aura lieu à l’Hippodrome de Douai une pièce de théâtre intitulée Orestie, (une comédie organique ?). Cette pièce a été mise en scène par Romeo Castellucci et a pour caractéristique de faire intervenir sur scène des animaux du « Parco faunistico Zoo delle Star ».

Ce sont donc 2 chevaux, un âne et 6 macaques rhésus (en cage sur scène pendant une vingtaine de minutes) qui vont participer à cette pièce.

Et leur participation devrait révolter. Qu’ont donc à faire ces animaux sur scène ?

La plupart des gens aujourd’hui se détournent des cirques avec des animaux, écœurés tant par le traitement qui leur est réservé que par l’utilisation inutile d’animaux dans des spectacles qui peuvent s’en passer.

Alors pourquoi une pièce de théâtre échapperait au même sentiment, à la même condamnation ?

Il n’y a aucune raison qui pourrait justifier cela.

Et, pour appuyer cette réponse, il faut voir à quel genre de pièce on a affaire.

Le théâtre de l’Odéon retranscrivait il y a quelques mois les notes de mise en scène données par le metteur en scène Romeo Castellucci :

« Si on met au second plan la poésie de l’ORESTIE, si on élimine le splendide édifice exposé à la lumière du soleil, ce qui reste – visible et terriblement fondamental – c’est la violence. »

Selon les termes même du metteur en scène, l’ambiance de la pièce est donc focalisée sur le thème de la violence. De fait, un théâtre de Lyon déconseillait le spectacle aux moins de 16 ans.

Pour se faire une idée un peu plus précise de cette pièce, voici ce que disait Telerama en novembre 2015 :

« Orestie (une comédie organique ?), où c’est un trisomique qui incarne Agamemnon, une femme nue et obèse qui figure Clytemnestre, deux géants squelettiques, Oreste et Pylade et des singes, les Erinyes, tandis que des objets, des éclairages évoquent Picasso et Duchamp, des lapins mécaniques, le chœur antique, et que surgit un bourreau encagoulé et en tenue SM. »

On voit donc bien à quoi on a affaire : un pièce mêlant glauque et violence, une représentation artistique visant à choquer et à provoquer des sensations fortes, typique de l’art contemporain.

Et dans ce cadre, les animaux ne sont là que pour servir ces objectifs. Ils sont là pour apporter une charge symbolique qui se veut indispensable mais qui n’apporte finalement qu’un peu plus de sordide au sordide : des animaux sortis d’un zoo, déplacés dans toute la France, pour être mis en spectacle dans une pièce qui se veut provocatrice, mais qui ne fait que refléter et donc se conformer à la folie du monde d’aujourd’hui dans ce qu’il a de pire.

Car il est évident que l’objectif est justement de refléter le pire. Or, le meilleur existe aussi : il est possible de mettre en avant l’espoir, le progrès, l’entraide. Mais cela ne répond pas aux critères d’un artiste voulant se faire connaître pour son côté provocateur, dont les milieux artistiques sont très friands de nos jours.

Gageons que la majorité des gens seraient choqués et écœurés par une telle pièce. Et c’est justement là un signe d’espoir ! Ne nous laissons pas berner par le désir de fausse rébellion de certains artistes (qui est finalement en accord avec la décrépitude de notre société), des artistes exploitant des animaux, et défendons la culture positive et progressiste !

Étiquettes :