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A propos de l’agression dans le métro de Lille

27 avril 2014 - Vie de la cité

Le métro de Lille, station CHRUn pigeon isolé sur les pavésCe mardi, à Lille, une femme a été agressée dans le métro vers 22h30. Cette agression et ses suites judiciaires ont été repris dans de nombreux de quotidiens nationaux, à juste titre, tellement les faits rapportés sont effrayants.
En effet, cette femme a, à plusieurs reprises, croisé d’autres voyageurs qui auraient pu lui venir en aide. Que ce soit l’homme à côté duquel elle s’est sciemment assise, les personnes qui sont allées délibérément dans une rame de métro différente en la voyant se faire violemment harceler ou simplement celles qui ont fait comme si de rien n’était.
L’entendre raconter le cauchemar qu’elle a vécu ce soir-là est à la fois déchirant et révoltant.
Ce qui lui est arrivé montre l’individualisme dont peut faire preuve tout un chacun. Mais, au travers des commentaires que l’on peut lire ou entendre concernant cette affaire, on comprend bien que ce n’est pas qu’une question de lâcheté individuelle mais bien de toute une culture du chacun pour soi.
Ainsi, le procureur s’est dit atterré par le manque de réaction des autres passagers mais que dire de la sanction qui a été infligée à l’agresseur : 18 mois de prison et 2 ans d’interdiction de territoire. 18 mois de prison ? C’est dérisoire. La justice montre ainsi le peu de cas qu’elle fait des victimes de ce genre d’agression. En fait de condamnation, elle acte le mépris pour l’autre et, en particulier, pour ceux considérés comme plus faibles.
De manière significative également, de nombreux commentaires sur internet insistent sur le fait que des personnes portant secours à une personne visiblement en danger se sont retrouvées impliquées dans des bagarres, bagarres se soldant par la plainte de l’agresseur, voire même par une obligation de l’indemniser.
Là encore, la justice montre bien à quelle point notre société est de plus en plus irrationnelle, quelle importance (bien mince) elle porte à l’assistance aux autres et le fait que, finalement, le mépris des faibles est érigée en valeur. Cependant, cet état de fait ne doit pas être une excuse à la lâcheté quotidienne.
De manière plus générale, ce « fait divers » est à rapprocher d’autres lâchetés quotidiennes : les personnes handicapées dont on évite le regard pour ne pas avoir à leur proposer de l’aide, les personnes à qui on ne laisse pas la place dans le métro, les animaux en souffrance qu’on laisse sur le bas-côté de la route, etc.
L’amicale progressiste défend l’idée qu’il faut porter attention et assistance aux êtres qui sont autour de nous. C’est tout une culture qu’il faut révolutionner.