Menu

Animavia et le catholicisme social

22 juin 2014 - Arts & culture, Histoire de notre région

Un jardin ouvrierArrosage au jardin ouvrierAnimavia est une association importante sur la métropole lilloise. Nous en avions déjà parlé à l’occasion du salon animal d’avril 2014. Nous expliquions alors que, sous couvert de protection des animaux, le salon était surtout un lieu d’exposition et de vente d’animaux avec pour but avoué de les utiliser pour améliorer le quotidien de l’être humain.

Si on regarde le site de l’association, on retrouve la même contradiction : « ANIMAVIA milite pour la défense du monde animal » mais l’association met en avant que l’objectif de son fondateur « était de promouvoir la grande diversité des races d’animaux domestiques pour permettre aux classes populaires d’améliorer leur ordinaire. Il leur apprenait à élever des volailles. ».

Comment peut-on associer ces deux objectifs ? Comment peut-on dire qu’on défend les animaux et pousser les gens à élever et exploiter des animaux pour pouvoir les manger ? La réponse réside dans le catholicisme social, idéologie fondamentale de cette association et largement répandue dans le Nord.

Qu’est-ce que le catholicisme social ? La naissance de cette pensée est généralement datée de 1871 avec la fondation des « Cercles catholiques d’ouvriers » et de « l’Union des œuvres ouvrières catholiques ». Ces deux organisations montrent que le catholicisme social se développe avec l’industrialisation (ce qui explique, en partie, pourquoi cette idéologie particulièrement présente dans le Nord, département ayant profité d’une forte industrialisation). En effet, l’Église se rend compte qu’elle a un rôle à jouer dans la protection des ouvriers, rôle qui permettrait au christianisme de refleurir au sein de ces derniers.

C’est donc une véritable doctrine qui se développe. Cette doctrine vient s’opposer au libéralisme dans la mesure où elle entend redistribuer la richesse, dans une optique de charité, mais également pour garder une société stable, une société dans laquelle l’Église pourrait asseoir son autorité et continuer à se déployer. C’est pourquoi le catholicisme social s’oppose également au socialisme, affirmant ouvertement vouloir lutter contre lui et bâtissant une stratégie pour cela.

Qu’est-ce qui nous permet d’affirmer qu’Animavia tient de cette idéologie ? C’est tout simplement le site de l’association lui-même qui l’affirme. En effet, il est dit que : « En créant la Basse Cour familiale [ancien nom de l’association] de Lille, il s’était inscrit dans la même philosophie que les jardins ouvriers ». Or, les jardins ouvriers sont une composante essentielle du catholicisme social (tout comme les écoles privées catholiques, dont la « Catho », l’Université Catholique de Lille est un bon exemple).

On voit donc bien qu’Animavia n’est pas une association neutre. Mais pour pouvoir répondre à nos questions de départ, il faut analyser la façon dont cette association considère les animaux et, surtout,  ce qu’elle entend par la « juste place pour l’animal dans notre société ». C’est ce que nous verrons dans notre prochain article.