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Aucune histoire de la nature au Muséum d’Histoire Naturelle de Lille !

14 août 2014 - Arts & culture, Science & technologies

Les mygales du Muséum d'Histoire Naturelle de LilleLes grillons du Muséum d'Histoire Naturelle de LilleDans notre dernier article, nous parlions des animaux morts et « naturalisés » du Muséum d’Histoire Naturelle de Lille. Nous avions également évoqué la présence d’animaux vivants.

En effet, le Muséum de Lille présente plusieurs insectes et arachnides enfermés dans de petits vivariums. Le plus indécent est le vivarium des mygales terricoles qui doivent mesurer environ 30 centimètres sur 20 centimètres. Une rapide recherche sur internet – car aucune information n’est donnée sur son mode de vie au Muséum – montre que ces araignées, protégées du fait de la destruction de leur habitat et du commerce d’animaux pour les collections, vivent dans des terriers composés de tunnels menant à une ou deux chambres ou sous des rochers ou des branches tombées. Ce mode de vie dépend évidemment des espèces. Toutefois, même s’il est dit que, dans la nature, les femelles araignées de ce genre peuvent vivre toute leur vie dans un seul et même terrier, elles vivent cependant ici dans un environnement qui n’a rien de naturel.

Il en est de même pour les autres insectes. Ainsi les mantes, les phasmes, les criquets sont dans des vivariums un peu plus grands mais, là encore, leur situation fait mal au cœur. Ils sont condamnés à évoluer sur deux ou trois branches alors qu’en liberté, ils vivraient dans de grands arbres, avec la possibiité de se déplacer d’un arbre à un autre. Aucun vivarium ne pourrait reproduire les conditions de vie naturelles de ces animaux et répondre à leurs besoins fondamentaux.

Mais la situation la plus inquiétante est peut-être celle des grillons et des blattes. Dans des vivariums pas plus grands que ceux des araignées, ils se sont reproduits en grand nombre et, pour certains, couvrent quasiment tout le sol. On est alors en droit de se demander comment le Muséum fait pour réguler les populations de ces pauvres animaux. Car il est évident que le Muséum doit régulièrement se débarrasser d’une partie de ces insectes car ils ne peuvent vivre en quantité si importante dans un espace si restreint.

Les conditions de vie des animaux vivants du Muséum d’Histoire Naturelle de Lille montrent bien que ce dernier n’a aucun respect pour la vie des animaux. C’est bien triste de voir que ce musée n’a pas su évolué et utiliser les formidables moyens dont dispose la science aujourd’hui. Les arachnides et les insectes doivent vivre dans leur environnement et c’est cette histoire qui devrait être racontée !

Qui plus est, il est frappant qu’aucune des « vitrines » du musée ne dispose pas même du moindre écriteau précisant soit le mode de vie des animaux présentés, soit les particularités de leur anatomie. Ainsi, sur Wikipédia, il est expliqué que le but des Muséums d’Histoire Naturelle est la « vulgarisation de la connaissance scientifique ». Or, on peut se demander quelle connaissance tente de transmettre le Muséum de Lille. Il ne présente que des accumulations d’animaux sans plus d’explication…

D’ailleurs, la présentation de ces animaux est si absente que certains des animaux présentés (notamment les araignées et les blattes) ne provoque que des commentaires emplis de dégoût, de répulsion. Ce qui est finalement tout à fait logique puisque rien n’est fait ne serait-ce que pour tenter de changer la perception de la majorité des gens à l’égard de ces petites créatures.

Les araignées et les insectes sont des animaux formidables et indispensables aux écosystèmes dont il font partie. Il est important de mieux les connaître pour mieux les apprécier !