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Canicule et bouches à incendie dans la Métropole lilloise

9 juillet 2015 - Une vie saine, Vie de la cité

Les quais de la Deûle à Quesnoy-sur-DeûleUne cane colvert s'ébrouant dans l'eauCe jeudi 9 juillet 2015, La Voix du Nord a publié un article sur les nombreuses bouches à incendie qui ont été ouvertes dans toute la Métropole lilloise en se focalisant sur le fait que le phénomène a gaspillé 30 000 m³ d’eau.

L’article explique que ces 30 000 m³ d’eau correspondent à la quantité d’eau consommée par une ville comme Lille – soit une ville de 200 000 habitants – en une journée et pose alors la question du coût de tels abus, de leurs conséquences sur la disponibilité de l’eau potable pour les riverains et des troubles causés sur les interventions des pompiers.

Il est vrai que voir cette quantité d’eau, qui correspond au volume exorbitant de 30 milliards de litres d’eau, finir sur le bitume a de quoi provoquer la colère des habitants du Nord.

D’autant plus que certains en profitent pour se comporter de manière encore plus individualiste en lançant des bombes à eau sur les voitures qui passent ou passant avec leur voiture sous ces bouches à incendie histoire de bénéficier d’un nettoyage gratuit…

Cependant, cela ne doit pas faire oublier un point : ce phénomène est révélateur d’un manque dans les grandes villes.

Car ce n’est pas un hasard si tout ceci s’est passé du jeudi 2 juillet au lundi 6 juillet, période où il a fait particulièrement chaud.

Dans les grandes villes en effet, il est très difficile de se rafraîchir quand les températures montent haut : les appartements se transforment en fournaise, les coins d’ombre frais générés par les arbres sont rares voire inexistants, tout comme les points d’eau.

Sur la Métropole lilloise, l’insuffisance de points de baignade est particulièrement criante. Soit les lieux de baignade (piscines et autres parcs de loisir) sont payants, soit les eaux sont tellement sales qu’il est impossible de s’y baigner.

Ainsi la Deûle, si elle comprend quelques zones de nature préservées, reste impraticable pour toute personne voulant profiter de la fraîcheur de l’eau : l’eau est polluée, les canaux sont régulièrement parcourus par de lourdes péniches de transport et, de toute façon, il n’y a aucun point aménagé permettant une baignade sécurisée.

Et c’est là un vrai problème parce que l’être humain est un animal. Et, en tant que tel, il a des besoins qu’il est nécessaire de satisfaire.

Ces bouches à incendie ouvertes à tout va ne soulèvent pas que le problème des incivilités, elles reflètent également le manque de nature dans les grandes villes, les rendant invivables, notamment lorsqu’il s’agit de combler les besoins les plus naturels des êtres humains, comme celui de se rafraîchir quand les températures atteignent des valeurs assommantes.

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