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Évaluation de la pollution au mois de mars

1 avril 2015 - Études & projets écologiques

Le mois de mars 2015 a été marqué par une pollution importante aux particules fines. Si on a surtout entendu parler de la circulation alternée sur Paris, la question de la pollution dans le Nord est une question grave et importante pour la santé de tous.

Le site Atmo Nord Pas-de-Calais – un regroupement d’associations indépendantes agréées par le Ministère en charge de l’Écologie et du Développement Durable – surveille la qualité de l’air grâce à différents indicateurs.

Voyons un peu ce que disent ces indicateurs pour le mois de mars.

Commençons par les particules fines, et plus particulièrement les PM10 dont nous avons beaucoup entendu parler ce mois-ci. Atmo Nord Pas-de-Calais explique sur une page spéciale consacrée aux particules fines que :

« Les PM10 sont des particules dont le diamètre est inférieur à 10 micromètres (poussières inhalables), les PM2.5 sont inférieur à 2.5 micromètres (pénètrent plus profondément dans l’appareil respiratoire).

La moitié des poussières en suspension, qui se trouvent dans l’air, est d’origine naturelle : sable du Sahara, embrun marin, pollens, etc.
S’y ajoutent les poussières d’origines anthropiques, émises notamment par les installations de combustion (chauffage), les transports (moteurs diesels), les activités industrielles (construction, secteur minier), l’érosion de la chaussée, etc. »

Il est à noter que sur la même page, Atmo Nord Pas-de-Calais présente les données récoltées en 2008 montrant que :

Voyons ce que donne l’évaluation de cette pollution pour le mois de mars 2015 en graphiques.

Graphique de la pollution aux particules fines (PM10) au mois de mars 2015Le graphique montre bien les pics du mercredi 18 et du vendredi 20 mars 2015. Mais les mesures montrent également que les PM10 atteignent 30 μg/m3 dès le début du mois alors qu’elles se trouvaient plutôt aux alentours de 15 μg/m3 en début et en fin de mois. Alors comment interpréter ces données ?

Sur le site, il est indiqué que, pour les PM10, si le seul d’alerte est à 80 μg/m3et le seuil d’information à 50 μg/m3, l’objectif de qualité « à long terme » est évalué à 30 μg/m3.

Au vu du graphique, l’objectif de qualité semble être un objectif pas très ambitieux puisque le niveau bas « normal » semble être autour de 15 à 20 μg/m3. Mais on ne peut affirmer cela sans une étude plus approfondie. Et, par ailleurs, l’objectif doit être évidemment être un niveau le plus bas possible.

Graphique de la pollution aux particules très fines (PM2.5) au mois de mars 2015On voit bien sur le graphique que l’évolution des PM2.5 est la même que celle des PM10. Pourquoi alors n’en a-t-on pas entendu parler les 18 et 20 mars, lors des pics de pollution ?

Pour les particules très fines, les PM2.5, il n’y a ni seuil d’alerte ni seuil d’information – chose étrange puisque les PM2.5 sont plus dangereuses que les PM10.

Toujours est-il qu’il y a tout de même une valeur limite fixée à 26 μg/m3, qui a donc bien été dépassé du 14 au 21 mars… L’objectif de qualité « à long terme » pour les PM2.5 est fixé à 10 μg/m3. Là encore, le niveau bas normal semble être plus bas que cet objectif, puisqu’il est aux alentours de 7,526 μg/m3 . Mais là encore, il faudrait une étude plus poussée pour pouvoir l’affirmer avec plus de certitude.

Voyons enfin une dernière donnée, et pas des moindres. Atmo Nord Pas-de-Calais possède en effet des stations de mesure dans des communes rurales. Ils les décrivent comme des indicateurs de la pollution dite de fond, une pollution plus durable.

Voici donc les données pour la ville de Cartignies (ville de 1 254 habitants en plein cœur du Parc naturel régional de l’Avesnois) et celles de Cambrai, pour pouvoir comparer les données rurales et urbaines relativement proches.

Graphique de la pollution aux particules fines (PM10) au mois de mars 2015
Le graphique ne laisse aucune place au doute : la pollution aux particules fines (PM10) a été aussi importante dans les villes rurales que dans les villes urbaines.

L’épisode de pollution que nous avons connu au mois de mars a donc été massif tant au niveau des stades atteints que de l’étendue des villes touchées. Il est primordial pour toute personne concernée par l’écologie dans le Nord de garder un œil attentif sur l’évolution de ces données et de creuser plus leur étude.

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