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Hécatombes d’abeilles dans le Nord

5 avril 2015 - Protection des animaux

Des abeilles mortesUne abeille en train de butinerLes 26 et 30 mars, France3 et La Voix du Nord publiaient un article relatant la mort de 150 000 abeilles dans l’élevage d’un wormhoutois.
Il expliquait alors ne pas savoir quelle est la cause de cette hécatombe :

« Je suis incapable de le déterminer. Je ne m’étais rendu compte de rien car l’hiver, les abeilles hivernent. Elles restent dans la ruche tout en demeurant actives pour assurer une température ambiante de 35º. Malgré un apport en sucre pour les aider à surmonter le cap hivernal, elles n’ont pas tenu. Étaient-elles assez nombreuses pour assurer la maintenance ? Étaient-elles toutes rentrées à l’automne ? Sont-elles mortes d’épuisement ? Telles sont les interrogations ! »

Et la mort de milliers d’abeilles n’a pas eu lieu qu’à Wormhout. D’autres apiculteurs ont fait la même découverte un peu partout dans le Nord : Armentières, Douai ou Marcq-en-Baroeul (et même dans d’autres départements en France).

L’origine de cette hécatombe est encore inconnue. Car, si plusieurs villes ont été touchées, d’autres n’ont subi aucune perte.

Pour Sophie Calmein, coprésidente d’Apinord − association d’apiculteurs −, explique que :

« cet état sanitaire n’est pas général dans le Nord. On retrouve ces dégâts de manière sporadique, dans des zones relativement restreintes. Selon nos informations, sur nos 114 adhérents hébergeant plus de 1 000 ruches, huit seraient concernés, 45 ruches sont détruites. Les hypothèses de la survenue de ce désastre pourraient être multiples. »

Une enquête au niveau départemental a été lancée.

Mais déjà, des voix s’élèvent contre les pesticides, et particulièrement les néonicotinoïdes. Les sociétés d’apiculture constatent ainsi qu’avant l’arrivée de ces pesticides, la mortalité des abeilles était d’environ 5 % alors, qu’après leur arrivée, elle atteint 50 à 80 %. Cependant, sur les 20 départements étudiés, ces chiffres concernent la Provence-Alpes Côte d’Azur, les Rhône-Alpes, les Midi-Pyrénées et le Languedoc-Roussillon.

Qu’en est-il du Nord ? Même si on ne trouve pas de chiffre précis de la mortalité, les apiculteurs s’accordent pour dire que « 2014 a été la pire des années dans l’Histoire récente de l’apiculture française qui voit sa production baisser constamment depuis 20 ans ».

Rappelons que les abeilles se nourrissent du miel qu’elles produisent. Donc, si les abeilles produisent moins, leur population en pâtit forcément. Et donc, si les néonicotinoïdes font baisser la production de miel, alors elles nuisent aux populations d’abeilles.

Or, dernièrement, le sujet d’une interdiction de ces pesticides faisaient débat à l’Assemblée Nationale et et au Sénat. En effet, le mercredi 4 février 2015, le Sénat rejette le moratoire sur les pesticides néonicotinoïdes. Mais le jeudi 19 mars 2015, l’Assemblée Nationale a a adopté deux amendements visant à restreindre l’usage de ces pesticides.

La question pourtant urgente reste donc en suspens.

La population des abeilles est donc en chute constante depuis une vingtaine d’années. Nous avons beaucoup parlé dans cet article des apiculteurs, toutefois, cela ne veut pas dire que nous défendons cette pratique. Malheureusement aujourd’hui, les apiculteurs sont les seuls capables de fournir des informations accessibles sur la situation des abeilles. Nous reparlerons de l’aspect contradictoire de l’apiculture…

Mais notre intérêt va avant tout aux abeilles, à leur vie et au rôle fondamental qu’elles jouent dans la nature.

Une réflexion sur “ Hécatombes d’abeilles dans le Nord ”

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