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La bibliothèque des graines du Conservatoire Botanique de Bailleul

23 mars 2016 - Études & projets écologiques

La bibliothèque du Conservatoire Botanique de BailleulDes vulnérairesDepuis le dimanche 20 mars, nous sommes « officiellement » rentrés dans le printemps. Les jonquilles et les cerisiers fleurissent, débutant le renouveau annuel de la nature.

En ce début de printemps, il nous a semblé intéressant de mettre en avant une initiative menée par le Conservatoire Botanique National de Bailleul. Cette initiative, c’est la bibliothèque des graines.

Voici comment le Conservatoire décrit la procédure :

« 1) vous choisissez les espèces qui vous intéressent et qui correspondent aux conditions écologiques de votre jardin

2) vous signez une charte qui vous lie moralement au CBNBl

3) vous semez les graines

4) vous profitez de la floraison puis de la fructification

5) vous prenez le soin de récolter une partie des graines produites

6) vous nous les retournez afin de réalimenter notre stock »

Pourquoi un tel projet nous semble-t-il particulièrement intéressant ?

Tout d’abord, parce qu’il fait participer activement les gens à la perpétuation de la conservation de graines locales et sauvages.

En effet, d’autres associations proposent également de donner des graines pour pouvoir faire pousser des plantes. Mais, là où l’initiative du Conservatoire est intéressante, c’est que la personne qui fait la démarche de demander des graines s’engage aussi à en renvoyer une fois que les plantes ont fleuri puis que les graines sont bien mûres.

Toutes les associations ne font pas cela. Bien souvent, il est possible de renvoyer des graines mais cela ne fait pas vraiment partie du processus.

Alors que dans le projet du Conservatoire, il y a un véritable engagement des personnes participantes pour renouveler le stock de graines.

Car il faut savoir que les graines perdent chaque année un peu plus leur pouvoir germinatif. Quand on conserve des graines, on ne peut donc les garder indéfiniment. Pour pouvoir renouveler le stock, il faut par conséquent planter certaines graines et en récolter de nouvelles.

Ainsi, les personnes participant au projet permettent ce renouvellement et ne plantent pas des graines uniquement pour leur propre intérêt.

Le deuxième point positif que nous voyons à cette initiative est le fait que les plantes proposées ne sont pas des plantes potagères.

La liste des plantes est la suivante : la Nielle des blés, la Centaurée scabieuse, la Salsifis des prés, la Grande marguerite, la Vulnéraire (sur la photo ci-contre), l’Hélianthème jaune, la Petite pimprenelle, la Digitale pourpre, et la Primevère officinale.

En effet, il est courant, dans ce genre de projet, que les plantes proposées soient uniquement des herbes aromatiques ou des légumes. Cela participe notamment de la tendance actuelle à vouloir exploiter chaque parcelle de terrain vacant pour faire pousser des plantes comestibles.

Or, la logique sous-jacente peut être gênante : c’est celle de vouloir absolument faire pousser des plantes « utiles » à l’être humain dès qu’on a un espace de libre. C’est généralement présenté comme une démarche écologique : faire pousser des fruits et légumes sans pesticides, dans des petits potagers, « à l’ancienne ».

Nous ne pensons pas que ça aille dans le bon sens.

Là où certaines personnes disent oui à l’agriculture pour chaque carré de sol libre, nous disons oui à la nature pour chaque carré de sol libre !

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