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La démarche pessimiste du Muséum d’Histoire Naturelle de Lille

24 août 2014 - Arts & culture, Science & technologies

Détail du tableau des déchets du Muséum d'Histoire Naturelle de LilleTableau des déchets du Muséum d'Histoire Naturelle de LilleDans l’article précédent, nous avons parlé d’une citation exposée au Muséum d’Histoire Naturelle qui montrait le manque de rigueur dont il fait preuve. Mais cette citation est aussi un révélateur des idées que voudrait véhiculer ce musée.

Revenons dans un premier temps sur cette fameuse citation et sur son auteur. Nous avons expliqué que la citation reflétait une démarche à l’opposé de la démarche scientifique. Mais ce n’est pas tout.

Roger Price a notamment écrit un roman J.G., the Upright Ape dont l’histoire est révélatrice. J.G., un gorille argenté (nouvelle sous-espèce fictive de gorille plus intelligente que ce dernier) a vu sa partenaire se faire enlever. Il part à sa recherche aux États-Unis. Mais après avoir passé du temps dans la société humaine, il devient plus malheureux qu’il ne l’a jamais été. Le livre est généralement présenté comme une satire de la société moderne. Mais c’est bien plus que ça.

Plus qu’une satyre, c’est un rejet du monde moderne. Le livre explique en réalité qu’aujourd’hui, aucun être vivant suffisamment intelligent ne peut vivre heureux dans notre société. C’est donc une vision très pessimiste sur l’évolution de l’être humain. Ce roman explique donc également que vivre comme un animal, sans les progrès de la science humaine, mène à une existence beaucoup plus simple et plus heureuse.

Et c’est cela qui transparaît dans la citation affichée au Muséum de Lille. On le voit, la pensée de Roger Price est donc tout à fait cohérente : il l’a développée sous plusieurs formes et suit toujours le même fil rouge.

On pourrait alors se dire que le Muséum a mis cette citation soit pour plaisanter (ce qui serait déplorable) soit en ignorant les idées de Roger Price. Mais ce n’est pas le cas. Preuve en est qu’il y une sorte de « tableau » qui va exactement dans ce sens. Au milieu des cadavres d’animaux, on trouve une vitrine, toujours sans pancarte, sans aucune explication, ornée d’une fausse reproduction d’une coupe du sol montrant les différents déchets laissés par l’humanité.

On peut voir quelques céramiques dans la partie la plus basse et, au fur et à mesure qu’on se rapproche de la surface, les déchets se multiplient. Tout près de la surface, on trouve ainsi une canette, une brosse à dent et quantité de déchets plastiques.

Il faut être tout à fait clair : l’influence de l’être humain est aujourd’hui tout à fait catastrophique. Que ce soit les forêts qui sont détruites pour produire de l’huile de palme, les océans qui sont pollués par des quantités hallucinantes de plastique ou encore le réchauffement climatique, nombreuses sont les raisons de se révolter contre le manque de respect pour la planète et les animaux.

Cependant, nous revendiquons que la science n’est pas la cause de tous ces malheurs. Nous affirmons même au contraire que la science doit être un vecteur pour aller dans le sens de plus de respect. C’est parce que nous comprenons toujours mieux le monde qui nous entoure que nous trouvons de plus en plus inadmissible de le détruire.

De plus, une telle vision du monde – celle communiquée par Roger Price et le Muséum d’Histoire Naturelle de Lille – poussent les gens à détester ses semblables. Les êtres humains seraient tous mauvais, ou du moins passifs devant cet état de fait et subiraient sans réagir la destruction de la planète et l’extermination des animaux.

Mais, là encore, c’est faux. Il y a de nombreuses personnes qui sont touchées par le sort de la planète et des animaux, de nombreuses personnes sont impliquées dans des associations. Et il ne faut pas oublier cela et aller toujours de l’avant pour faire bouger les choses !