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La foulque macroule, un oiseau téméraire à ne pas négliger

3 mai 2014 - Nature & écosystèmes

Foulque macroule nourrissant ses poussinsFoulque macroule dans son nidLa foulque macroule est un petit oiseau au plumage d’un noir profond et au bec d’un blanc tout aussi intense. Possédant des yeux d’un rouge vif et des pattes blanchâtres quelque peu disproportionnées, on peut facilement la rencontrer dans les zones humides peu profondes et notamment dans les roselières. Elle a cependant une préférence pour les espaces proches de zones plus profondes.

La raison de sa présence dans ces zones humides est due au fait que la foulque se nourrit principalement de végétaux. L’observer à la recherche de sa nourriture est très amusant du fait de sa technique particulière : elle effectue un petit bond pour plonger partiellement (en eau peu profonde) ou complètement (en eau profonde) pour ressortir très vite, son corps flottant comme une petite bouée. On peut la voir accomplir cela très fréquemment, et ce d’autant plus lorsque la foulque doit nourrir ses jeunes.

Nous sommes d’ailleurs en pleine période d’éclosion des premières portées. En prêtant l’oreille et en repérant des foulques en train de s’afférer à une intense recherche de nourriture, il est possible de découvrir des poussins de foulques à la tête rouge et jaune en train de piailler dans l’attente de leurs parents. Parents qui n’hésitent pas, comme nous le disions dans l’article sur le bois de Boulogne à Lille, à chasser de manière très offensive les oiseaux qui oseraient s’approcher trop près de leur territoire.

Les parents se montrent également particulièrement prévoyants dans la construction de leur repaire : juste avant la construction du nid destiné à accueillir la couvée à venir, les foulques construisent un premier nid, plus sommaire, qui pourrait servir de refuge au cas où le second viendrait à être emporté par une inondation. Par la suite, plusieurs jours après l’éclosion, le mâle et la femelle se partagent la couvée, chacun occupant un des deux nids avec la moitié de leurs poussins.

La femelle pond entre 5 et 10 œufs mais, rapidement, la couvée se réduit en raison des nombreux prédateurs, parmi lesquels le héron et la mouette. Les jeunes foulques apprennent à se nourrir seuls au bout d’un mois, apprennent à voler au bout de deux et deviennent complètement indépendants entre 3 et 4 mois.

Enfin, si au printemps et en été, la foulque est monogame, vivant exclusivement avec sa famille restreinte et défendant farouchement son territoire, en automne et en hiver, elle redevient beaucoup plus paisible et se joint à ses congénères pour former de grandes colonies.

La foulque macroule est donc un oiseau relativement commun. Mais rien que son nom est bien moins connu que le canard colvert, et son comportement encore moins. De plus, si les populations actuelles de foulques se portent bien, les observateurs relatent qu’elles sont en baisse constante depuis plusieurs années, la principale menace étant la chasse. Cette menace est double pour la foulque : soit elle est le fait du meurtre direct des oiseaux, soit elle est due à l’ingestion des plombs, tombés au fond des eaux, par les oiseaux.

Ce n’est pas parce que la foulque est un oiseau courant qu’on doit le négliger. Apprenons donc à regarder et à connaître ses animaux qui nous entourent !Nourrissage d'un poussin de foulque macroule