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La principale cause du déclin des abeilles

21 juin 2015 - Études & projets écologiques, Protection des animaux

Le gyrobroyageDu trèfle rampantLe présent article est la retranscription d’une partie de la conférence donnée par Guillaume Lemoine sur les abeilles sauvages le vendredi 19 juin 2015 dans le cadre du Festival de l’abeille.

Guillaume Lemoine étant un ingénieur écologue résidant dans le Nord, la conférence était illustrée par de nombreux exemples et de nombreuses photos de la région.

Une partie de la conférence a donc porté sur les causes du déclin des abeilles. Et la cause mise en avant par l’écologue n’était pas celle dont on entend constamment parler, à savoir les pesticides. Selon Guillaume Lemoine, la cause première de la chute des populations d’abeilles est la perte des ressources alimentaires, elle-même liée à la modification des paysages.

En effet, il a expliqué que les pesticides ont évidemment une action néfaste sur la santé des abeilles mais que le problème principal auquel il faut faire face est bien la modification des paysages avec une logique sous-jacente de guerre totale avec la nature.

Cette modification des paysages réside tout d’abord dans la monoculture. La conséquence en est dramatique : le nombre de plantes différentes diminue fortement et, de fait, il y a un raccourcissement du temps total de floraison. Tout ceci signifie une raréfaction de la nourriture pour les abeilles.

La monoculture consiste en la culture d’une seule espèce de plante. On pense immédiatement aux champs de blé ou aux champs de maïs. Mais la monoculture, c’est aussi le fait que les terres non exploitées par la culture soient principalement constituées de graminées (ou poacées).

Les graminées regroupent notamment le gazon et de nombreuses espèces fourragères (c’est-à-dire des plantes utilisées pour l’alimentation des animaux). Or, ces graminées n’ont aucun intérêt pour les abeilles.

En plus de la monoculture, Guillaume Lemoine a insisté sur l’effet dévastateur du gyrobroyage. Un gyrobroyeur est un outil qu’on vient adapter sur un tracteur ou un autre véhicule et qui va nettoyer les talus, les bas-côtés des routes, etc. (voir photo en tête d’article)

Le problème du gyrobroyage est qu’il va réduire en tout petits morceaux la flore mais aussi la faune des espaces « nettoyés ». Tout est ainsi détruit et l’ensemble va rapidement se décomposer. Ce qui aboutit à l’eutrophisation des sols.

De la luzerne cultivéeL’eutrophisation des sols signifie que les sols sont suralimentés. Il y alors une forte baisse de la diversité de végétaux et une réduction voire une disparition des animaux.

De manière générale, le constat est qu’il y a aujourd’hui une altération profonde de l’ensemble des milieux.

Guillaume Lemoine souligne la prédominance actuelle de la lutte sans fin contre la nature dans la gestion au quotidien des espaces verts : chaque petit talus, chaque bord de route, chaque petit coin de nature est « nettoyé » pour en faire une surface de gazon coupé court, pour faire « propre ».

Mais Guillaume Lemoine se veut optimiste et évoque plusieurs solutions.

Dans un premier temps, il est primordial de supprimer le gyrobroyage et, si la coupe des végétaux est vraiment nécessaire, d’utiliser le fauchage.

Ensuite, lorsque rien ne vient appuyer la nécessité de la coupe des végétaux, il serait préférable de les laisser se développer : par exemple, pourquoi vouloir absolument couper les végétaux des bords de route ? Qui gênent-ils ?

Dans la même idée, pourquoi vouloir absolument des espaces quasi-stériles de gazon autour des lotissements ? Alors que ces espaces pourraient abriter une formidable diversité végétale et animale !

Dans cette optique, il est important de connaître les plantes à réimplanter. Guillaume Lemoine précise en effet que, malheureusement, de nos jours, on ne parle plus de réutilisation de la flore locale puisqu’elle est devenue inexistante, mais bien de réimplantation.

Ainsi, il est primordial de réintroduire les fabacées (couramment appelées les légumineuses) et les messicoles (coquelicots, bleuets, chrysanthèmes, etc).

Mais il est tout aussi de garder à l’esprit que ces fleurs ne doivent pas être des variétés horticoles, dont l’anatomie a été modifiée : les pétales sont multipliés aux dépens des étamines (qui contiennent le pollen).

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