Menu

La question de l’environnement dans les élections régionales de 2015

24 novembre 2015 - Études & projets écologiques, Vie de la cité

Un moineau domestiqueLa forêt de Marchiennes« Pour 100 euros dépensés par le conseil régional Nord-Pas-de-Calais, un seul est destiné à protéger la nature, à préserver ses espaces et son climat, à lutter contre sa pollution. » C’est sur ce triste constat, effectué par La Voix du Nord, qu’on peut commencer la réflexion sur les propositions des candidats aux élections régionales.

Le journal a recensé les propositions principales des candidats sur la question de l’environnement, de l’extrême-droite à l’extrême-gauche.

Le Front National n’a aucune proposition concernant cette question.

Les Républicains ont deux grandes propositions. La première au sujet de l’écologie dit : « Les schémas régionaux de cohérence écologique ont été décidés, imposés, sans ceux qui connaissent le mieux la nature : agriculteurs, pêcheurs, forestiers, chasseurs. Nous les réécrirons, avec eux, pour une écologie harmonieuse. »

Il est important de s’arrêter tout de suite sur cette proposition. Les personnes qui connaissent le mieux la nature sont donc, selon Xavier Bertrand, les agriculteurs, les pêcheurs et les chasseurs.

S’il est élu, il ne fera donc pas appel en premier lieu aux associations telles que le GON, qui possède de formidables fichiers de recensement de la faune du Nord Pas-de-Calais, Roost-Warendin Nature, qui intervient tous les ans pour permettre aux crapauds d’atteindre en toute sécurité les mares où ils se reproduisent, ou encore des scientifiques comme Guillaume Lemoine, ingénieur écologue, qui possède un immense savoir sur les abeilles sauvages (pour ne citer que l’infime partie des gens dont on n’a déjà parlé sur notre site).

Une telle proposition est donc limpide dans son indifférence quant à la protection de la nature puisque les principales personnes consultées seront celles qui se servent de la nature et non ceux qui l’aiment et l’étudient.

La deuxième proposition de Xavier Bertrand est de lutter contre la précarité énergétique mais en refusant l’installation des éoliennes au profit d’autres énergies renouvelables. Cependant, il n’est pas précisé lesquelles dans l’article.

L’argument comme quoi les éoliennes seraient une nuisance esthétique est vraiment de l’ordre du réactionnaire. Esthétiquement parlant, les éoliennes ne sont finalement que des moulins modernes.

Un chevreuil aperçu dans la forêt de PhalempinToutefois, les éoliennes pourraient faire l’objet d’une enquête : les deux seules vraies questions qui pourraient se poser serait le gain énergétique, car certains expliquent que les parcs éoliens ne seraient pas rentables dans la mesure où il faudrait investir beaucoup d’argent, et les risques qu’elles font encourir aux oiseaux…

Le Parti Socialiste, quant à lui, prône le développement du parc éolien, notamment en mer. Ils ajoutent à cela l’installation de méthaniseurs agricoles. Ils revendiquent aussi la poursuite de l’amélioration des logements pour les faire évoluer en logements basse consommation, mais aussi le développement des réseaux de chauffage urbains ainsi que l’éclairage public basse consommation.

Les solutions proposées par le Parti Socialiste sont donc des mesures concrètes visant l’accroissement de l’utilisation de l’énergie dite verte.

En revanche, force est de constater qu’aucune de ces solutions ne concerne directement les animaux ou la nature en général.

On trouve des solutions plus orientées dans ce sens chez Europe Écologie Les Verts. Ils préconisent en effet la poursuite du déploiement des trames verte et bleue, la réintroduction des espèces régionales disparues (loutre, castor…) ou encore le lancement d’un moratoire pour « faire de la région un territoire hors gaz de schistes, gaz de couche et hors OGM ».

Si la poursuite de la trame bleue et verte est un projet logique, la réintroduction des espèces disparues est une proposition beaucoup plus ambitieuse, de celles qu’on a envie d’entendre (ou de lire) plus souvent.

Toutefois, une telle proposition pourrait se heurter à de nombreuses difficultés si elle n’est pas mise en place avec une grande connaissance du sujet et une grande attention à tous les éléments du problème : D’où les animaux proviendront ? Est-ce que ces animaux bénéficieront d’une protection particulière ? Connaît-on les causes de leur disparition ? Si oui, est-ce que ces mêmes causes ne risquent pas de se répéter et d’aboutir à la disparition des animaux réintroduits (comme on peut le voir pour les ours des Pyrénées) ?

Autant de questions passionnantes – et bien d’autres encore – doivent trouver une réponse pour qu’un tel projet soit viable.

Le Parti Communiste Français a fait des propositions intéressantes également : sanctuarisation des champs captants, promotion de la démarche zéro pesticide, investissement dans la recherche et création d’une agence environnementale affirmant le principe « pollueur payeur ».

En ce qui concerne les pesticides, il est remarquable que la proposition du PCF aille sur ce point plus loin que celle de EELV puisque ces derniers ne demandaient que l’interdiction des pesticides autour des habitations.

On voit donc que si plusieurs propositions de la gauche sont intéressantes, il n’y a pas vraiment de grand projet d’ampleur, de réflexion globale qui pourrait réellement changer les choses pour la situation assez alarmante de l’écologie dans le Nord.