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La question des transports dans le Nord

24 octobre 2015 - Études & projets écologiques

La circulation à Lille un jour de pollutionLa gare de SomainLa question des transports routier et ferroviaire est d’une grande importance. Tout d’abord, il faut savoir que notre département est le plus peuplé de France avec ses 2 587 128 habitants (selon la dernière évaluation de l’INSEE, qui date de 2012).

Avec autant d’habitants, les déplacements quotidiens ont un impact important à la fois sur la qualité de l’air de notre département et, à la fois, sur la santé (fatigue et stress dus aux trajets souvent embouteillés).

Au 1er janvier 2013, le Nord possédait 291 kilomètres d’autoroutes, 89 kilomètres de routes nationales, 5 257 kilomètres de routes départementales et 10 260 kilomètres de voies communales. A la même date, le réseau ferroviaire s’étendait sur 848 kilomètres.

L’INSEE recense également, au 1er janvier 2010, 1 210 170 de voitures particulières dans le Nord (avec la répartition suivante : 410 068 véhicules à essence et 789 317 véhicules à diesel). A la même date, elle évalue le nombre de véhicules utilitaires comme suit : 2 491 bus, 7 687 tracteurs, 13 151 remorques et semi-remorques et 150 310 camionnettes et camions.

Ces chiffres montrent donc le fossé qui existe entre les transports individuels (les voitures personnelles) et les transports collectifs. Les routes représentent un total de 15 897 kilomètres et les voies ferrées 848 kilomètres. Autrement dit, les voies ferrées équivalent à 5 % du réseau routier.

De la même manière, les bus ne représentent rien à l’échelle du département. Si on compare les bus uniquement aux voitures particulières, les premiers équivalent à 0,2 % des deuxièmes.

Il y a donc plusieurs points qui montrent l’insuffisance voire la quasi-absence absence des transports collectifs. Et cela se traduit notamment par la grande carence en infrastructures : le réseau ferré faible comme nous venons le voir mais aussi le réseau de bus. En effet, si les routes pour les voitures et les bus sont les mêmes, développer un réseau conséquent et efficace de bus consiste également à leur réserver des couloirs spéciaux car il est évident qu’un bus qui ne peut éviter les embouteillages n’est pas un bus utile et qui donne envie de le prendre.

Ainsi, mettre en place une vraie politique de soutien aux transports en commun demande une réflexion profonde, on doit aboutir à un modèle ayant pour objectifs la diminution de la pollution et la relaxation des gens.

Mais, même comme cela, il manque une donnée. Développer une politique de transport aussi volontaire que celle que nous venons de décrire est irréaliste. Pourquoi ? A cause de la différence trop grande entre les grandes villes et le reste du territoire.

Les grandes villes concentrent aujourd’hui l’offre de travail, ce qui fait que quasiment tout le monde est obligé de se déplacer chaque jour vers ces grandes villes. Et c’est ce qui fait que l’A1, l’A2 ou l’A21 sont surchargées aux heures de pointe.

Cartes montrant le trafic routier à LilleEt cela est particulièrement vrai pour Lille. La métropole lilloise a mis en ligne un document sur les déplacements urbains. On y trouve plusieurs cartes (reproduites ci-contre) qui schématisent la circulation dans la métropole lilloise.

Si on prend la 2e carte intitulée « Volumes de trafic journalier aux limites de l’arrondissement », on voit le nombre de véhicules qui empruntent les différentes sorties de Lille chaque jour. En ne prenant que les sorties les plus empruntées (c’est-à-dire sans compter les points jaunes), le nombre de véhicules est de 331 400 chaque jour.

Un tel chiffre montre bien qu’il est impossible de transporter tous les voyageurs uniquement par les transports en commun. En effet, la plus grande partie de ces voyageurs se déplacent le matin pour aller travailler et le soir pour rentrer chez soi (ce qu’on appelle les déplacements pendulaires) et il serait impossible de mettre en place suffisamment de trains et de bus.

Alors, le problème des transports, et notamment des bouchons routiers, est-il insoluble ?

Bien sûr que non. Mais la solution ne sera pas facile à mettre en œuvre.

Comme nous venons de le voir, les grosses villes, Lille en particulier, concentrent trop de ressources : les industries, les commerces, la culture. Et, de fait, Lille est en train d’absorber les ressources de toutes les villes alentours jusqu’au bassin minier. Douai, par exemple, se vide toujours plus : la ville perd sa qualité de centre-ville et se transforme lentement en zone résidentielle. Et cela est encore plus visible dans les petites villes.

La seule solution est donc de casser cette logique de métropolisation. Autrement dit, il faut remettre de l’emploi dans tous les bassins d’industrie (Armentières, Douai, Valenciennes, Cambrai, et même Maubeuge, pour ne parler que du Nord) et sur tout le département jusqu’aux villages.

La grande chance du département du Nord est qu’il existe encore de nombreuses villes qui ont un fort potentiel industriel : Orchies, Somain, Aniche, Saint-Amand-les-Eaux, Caudry, etc, etc. Ainsi, la possibilité de reconstruire un centre-ville vivant sera plus facile que dans des villes où le processus d’absorption des ressources par les métropoles est déjà beaucoup plus avancé, comme les banlieues de Paris, pour prendre un exemple connu de tous en France.

La solution est donc à la fois simple et complexe : il faut remettre de la ville dans les petites villes et les campagnes, ce qui permettra par effet de décongestion de remettre de la campagne dans les villes.

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