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L’aménagement des canaux

16 juin 2014 - Études & projets écologiques, Nature & écosystèmes

Les berges du canal de la Deûle et ses roselièresLes berges du canal de la Sensée, près du Bassin RondLe Nord, comme nos voisins des Pays-Bas et de Belgique, montre un paysage marqué par les canaux aménagés. Cet aménagement, s’il a été principalement fait pour la circulation des péniches, est parfois pensé pour développer pour la faune locale.

Ainsi, une partie des bords de la Deûle, aux alentours de la citadelle de Lille, est couverte de roselières et de zones de lagunage (photo ci-dessus). La roselière est un lieu peuplé, comme son nom l’indique, de roseaux, mais aussi de joncs et de grandes prêles. Les zones de lagunage font référence à la zone de transition entre les roselières elles-mêmes et le canal.

Ces deux espaces d’eaux peu profondes sont un refuge pour les animaux : canards colverts, poules d’eau et foulques macroules notamment, dont nous avons déjà parlé, mais aussi d’autres oiseaux, comme le phragmite des joncs ou les pigeons qui viennent se désaltérer en toute tranquillité, ou encore des rongeurs comme le rat musqué et nombre d’insectes que nous n’avons pas encore identifiés. C’est un vrai plaisir de se promener dans ces espaces et d’admirer la faune et la flore qui s’y développe. Cependant, ces espaces se font rares et l’aménagement des canaux ne donnent souvent pas une telle place aux roselières.

Ainsi, la plupart du temps, les berges sont verticales et bétonnées. Si des végétaux peuvent parfois être plantés afin d’embellir ces berges, la faune, par contre, ne peut pas s’y installer. On peut croiser quelques rares canards colverts. Toutefois même pour eux, cet environnement reste difficile à vivre. Pire que difficile, cet environnement peut même s’avérer franchement dangereux.  En effet, les jeunes oiseaux ne maîtrisant pas encore l’art de l’envol se débattent sans fin et jusqu’à l’épuisement pour pouvoir remonter ces murs infranchissables pour eux. S’en suit généralement la mort si personne ne vient les secourir.

Une grande partie des canaux de la Deûle à Lille et de la Scarpe à Douai sont en réalité dans ce cas. Par contre, les canaux de la Sensée situés autour du Bassin Rond (à proximité de Bouchain) ont des berges beaucoup plus douces. On peut y voir les rochers affleurer à la surface (photo ci-contre). Cependant, et de manière étonnante, il n’y a pas de roselière et la faune est quasiment absente.

Lorsqu’on se promène aux alentours du Bassin Rond, on entend les oiseaux chantant dans les grands arbres plantés plus loin dans les terres, on voit quelques canards colverts mais aucun des autres oiseaux les plus courants n’est visible : pas de foulques macroules, pas de poules d’eau. Quelle en est la raison ? Il faudrait faire une enquête plus approfondie mais l’absence de végétaux fait probablement partie de la réponse à cette question.

En effet, sur les berges de la Sensée environnant le Bassin Rond, on ne trouve que quelques petites herbes sauvages. Des petites herbes bien insuffisantes pour cacher les animaux et leur donner un sentiment de sécurité satisfaisant.

D’ailleurs, pour revenir sur Lille, il y a plusieurs semaines, une partie d’un saule s’était effondré dans la Deûle. En deux jours, une poule d’eau et même un couple de grèbes huppés étaient venus se réfugier dans cette nouvelle cachette. Comme nous le disions dans l’article précédent, la grèbe huppé est un animal relativement difficile à observer, aussi en voir deux à cet endroit était une belle surprise. Cependant, quelques jours plus tard, la partie de l’arbre qui offrait un abri aux oiseaux a été coupée par des employés de VNF (Voies Navigables de France). Les grèbes huppés sont partis et nous n’en n’avons plus observés à proximité. La poule d’eau est elle aussi partie, peut-être un peu plus loin.

L’aménagement des canaux est donc primordial pour accroître la présence des oiseaux sauvages, notamment. Par conséquent, il est tout aussi primordial d’observer et d’étudier les écosystèmes existants pour pouvoir aider la faune et la flore à se développer dans les lieux où sa présence est insuffisante. C’est pourquoi l’amicale progressiste tient à participer, à son échelle, à l’observation et à l’étude de la faune et de la flore locale.