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L’apiculture pour sauver les abeilles ?

14 avril 2015 - Études & projets écologiques, Protection des animaux

Des abeilles dans leu rucheDes abeilles dans leu rucheLa semaine dernière, nous parlions de la mort de plusieurs centaines de milliers d’abeilles dans la région. Ces abeilles faisaient partie de colonies élevées par des apiculteurs amateurs.

Élever des abeilles devient de plus en plus répandu dans notre région. La pratique est présentée comme ayant un double avantage : d’une part, aider les abeilles à prospérer alors que leur situation est de plus en plus critique et, par là même, favoriser la pollinisation de la faune et, d’autre part, pouvoir récolter un miel « fait maison ».

Mais la pratique apicole censée protéger les abeilles comportent des gestes qui vont à l’encontre de cet objectif.

Tout d’abord, la récolte du miel évoque, même lorsqu’on n’a jamais pratiqué l’apiculture, l’image d’une personne en combinaison blanche intégrale. Cette combinaison est bien sûr là pour éviter les piqures d’abeilles. Car, lorsque l’apiculteur ouvre la ruche, pour prélever le miel par exemple, les abeilles peuvent se sentir agressées et réagir en conséquence.

Mais il faut bien garder à l’esprit qu’une abeille qui a piqué est une abeille vouée à mourir. En effet, lorsqu’elle pique, l’abeille arrache son dard ainsi que la glande à venin. Toutefois, il faut noter que cet état de fait est surtout dû aux mammifères.

Un apiculteur explique ainsi :

« D’une certaine manière, c’est notre corps d’humain, comme celui de tous les mammifères, qui provoque la mort de l’abeille en retenant son dard dont la forme de harpon lui permet de se ficher dans la peau. »

Ensuite vient la technique de l’enfumoir, technique très délicate à mettre en place. Elle vise à rendre les abeilles moins agressives en les désorientant : la fumée masque les phéromones émises par les ouvrières qui excite le reste de la colonie.

Mais la technique est délicate car elle doit remplir des critères très précis : produire une fumée froide (la fumée chaude pouvant brûler les abeilles et détruire leur ruche) et la moins toxique possible (la fumée diminuant fortement l’apport en oxygène, elle sera toujours un minimum toxique…).

La récolte du miel est donc très compliquée, voire impossible, si on veut préserver la vie de toutes les abeilles.

Cependant, il y a une autre donnée à ne pas négliger : le miel est la nourriture des abeilles. Ainsi, prélever le miel qu’elle produise à longueur de journée a forcément une influence sur la santé de la colonie.

D’ailleurs, lorsque les abeilles commencent à manquer de nourriture, les apiculteurs ont recours au nourrissement des abeilles : il consiste à leur donner du sucre ou du miel pour les « requinquer ».

Cela paraît absurde que les apiculteurs récoltent le miel des abeilles mais que, parfois, ils sont obligés de leur donner du sucre ou du miel…

Ainsi, à la question « qu’est-ce qui se passerait si on laissait le miel aux abeilles ? », un apiculteur répond :

« Je suis apiculteur amateur et il m’arrive de laisser a son sort une ruche que je ne juge pas assez vigoureuse pour la récolter.

Par cette non-action je renforce les réserves hivernales et printanières assurant a coup sur la fameuse soudure entre les saisons. Ainsi je suis certain qu’au printemps, dès que les premières nouvelles abeilles naîtrons, il y aura de quoi les nourrir et ainsi assurer un redémarrage rapide du repeuplement, gage d’une bonne récolte estivale.

Plus généralement et pour répondre précisément a la question, si nous ne mangions pas le miel que produisent les abeilles, ce qui est, en fait, dans la nature de la vie des abeilles sauvages, la colonie d’abeilles domestiquée serait renforcée au printemps et assurée de se retrouver en surpolulation.

L’effet a terme de ne pas prélever sera de provoquer un essaimage quasi certain, dedoublant la colonie et assurant sa pérénnité. »

On peut donc conclure de tout cela qu’une personne voulant apporter sa contribution à la protection des abeilles pourrait élever des colonies sans prélever aucun miel. Cependant, avant de pouvoir affirmer cela, il est nécessaire de se poser encore une question : est-ce que les abeilles dites « domestiques » sont les mêmes que les abeilles sauvages ?

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