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Le bois de Boulogne à Lille au milieu du printemps

17 avril 2014 - Nature & écosystèmes

Une foulque macroule chassant une gallinule poule d'eau au bois de BoulogneUn tronc d'arbre aux racines plongeant dans l'eau au bois de Boulogne de LilleLe bois de Boulogne de Lille fait référence à l’ensemble de la zone boisée entourant la citadelle. Délimité à l’extérieur par le canal de la Deûe, il s’étend sur 60 hectares et est parsemé de plusieurs plans d’eau. Une promenade aux alentours de ces étendues d’eau peu profondes permet notamment d’apercevoir facilement nombre d’oiseaux.

En ce moment, elles regorgent de canards colverts : on trouve des petits groupes de mâles, des couples avec ou sans cannetons. Une observation attentive soulève alors une multitude de questions : est-ce une coïncidence si la semaine dernière les canes étaient accompagnées de 8 canetons en moyenne alors que cette semaine nous n’avons observé que des groupes de 4 canetons au plus ? Que font donc ces groupes de mâles qui arpentent leurs coins d’eau et prennent souvent en chasse leurs semblables ? En bref, comment vivent les canards colverts ? C’est une question à laquelle nous répondrons dans un prochain article…

Sont aussi très présentes les gallinules (ou poules d’eau) et les foulques macroules. Il est à noter qu’en ce moment, c’est leur période de reproduction et la foulque macroule montre de surprenants comportements de défense de son nid. Comme le montre la photo ci-dessus, elle charge tous ceux qui s’en approchent : les poules d’eau, certes craintives, mais aussi les canards colverts, n’hésitant pas à s’attaquer à des groupes de 3 canards à elle toute seule ! On assiste alors à des scènes très amusantes où l’on voit rôder une foulque macroule et tous les autres oiseaux s’en éloigner prudemment mais vivement pour éviter ses foudres.

Enfin, il est aussi facile d’observer en ce moment l’arrivée des premiers papillons. Nous avons surtout vu des citrons (ces papillons jaune très clair) et des vulcains (d’un noir profond aux bandes oranges et aux points blancs). Dans les branches des arbres, on peut également épier des mésanges et des moineaux. D’ailleurs, lorsqu’on écoute les bruits de farfouillis dans les feuilles mortes et qu’on se demande quel animal terrestre peut bien faire un tel chahut, une observation précautionneuse aboutit toujours (lors de nos promenades au bois de Boulogne) à la conclusion que ce sont justement les mésanges et les moineaux qui fouillent le sol, certainement à la recherche de vers de terre.

Par contre, nous avons pu apercevoir de façon plus furtive des martins-pêcheurs, ces petits oiseaux d’un bleu métallique au cri perçant sont en effet beaucoup plus difficile à observer : petits, rapides, ils savent parfaitement se cacher dans les arbres malgré leur plumage très coloré. A guetter avec patience donc !

Le bois de Boulogne concentre évidemment un large éventail de plantes différentes. Evidemment car les animaux dont nous venons de parler ne seraient pas présents s’il n’y avait pas une végétation fournie, et vice-versa.

En conclusion, le bois de Boulogne est un espace naturel salutaire au cœur de Lille, c’est d’ailleurs le plus grand espace naturel de Lille. Mais, ce statut fait également que c’est un endroit extrêmement fréquenté. Même lorsqu’on s’y promène une après-midi en pleine semaine, on rencontre quantité de coureurs, cyclistes et autres promeneurs, souvent accompagnés de leurs chiens.

Cela démontre bien l’affection portée par les lillois à ce bois. Mais cela démontre aussi que la ville de Lille manque cruellement d’espaces verts naturels et d’espaces où les chiens peuvent s’ébattre en toute sécurité. Rappelons également que le bois de Boulogne fait 60 hectares, ce qui ne correspond en réalité qu’à 0,6 km2 :  une surface bien trop petite pour ce qui est censé être le poumon vert de Lille !