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Le pissenlit, trésor des prairies

10 avril 2014 - Nature & écosystèmes

Pissenlits et abeillePissenlit en graineLe pissenlit est une fleur connue de tout le monde. Cependant, il est considéré, au pire, comme une « mauvaise herbe », une plante à éliminer absolument des jardins et, au mieux, comme un légume aux nombreux bienfaits pour l’être humain. Ce statut fait que, malgré sa célébrité, le pissenlit est une plante relativement méconnue.

Mais si on vante aujourd’hui ses grandes qualités diététiques, peu de gens savent que son nom vient justement de ses vertus diurétiques (un autre nom du pissenlit, beaucoup moins utilisé mais plus révélateur, est le pisse-au-lit).

Intéressons-nous donc de plus près à cette fleur que l’on croise si souvent dans nos prairies.

La base du pissenlit est formé d’une rosette – le terme rosette signifie en botanique une touffe de feuilles dense et ronde – dont les feuilles sont finement dentelées (d’où un autre nom encore du pissenlit, le dent-de-lion).

De cette rosette émerge plusieurs tiges creuses qui portent les fleurs. Ces tiges peuvent plus ou moins longues, la longueur variant selon différentes conditions climatiques, comme la température par exemple, ce qui permet à la plante de préserver les fleurs lorsque les conditions se font plus difficiles. Une autre caractéristique du pissenlit, que l’on peut observer lorsque la tige est cassée, est le liquide blanc qui s’en écoule. Ce liquide est du latex. Le pissenlit possède en effet un système de circulation du latex complètement distinct de celui permettant la circulation de la sève, les deux ayant deux fonctions différentes : tandis que la sève transporte l’eau et les nutriments, le latex est un moyen de protection de la plante.

La fleur du pissenlit est également d’une grande sensibilité à son environnement. Elle se ferme tous les soirs, quand vient l’obscurité, et s’ouvre tous les matins, quand revient la clarté. Elle se ferme également lorsqu’il va pleuvoir (elle réagirait à la baisse de pression atmosphérique).

Quant à son cycle de vie, il se déroule comme suit. Tout d’abord petit bouton, la fleur éclot et laisse éclater sa couleur jaune lumineuse. On devrait d’ailleurs parler de fleurs au pluriel, puisque ce qu’on appelle la fleur s’appelle en réalité le capitule et regroupe une myriades de petites fleurs. Donc le capitule éclot, s’épanouit puis fane. En fanant, il se referme et, enfin, s’ouvre une dernière fois, faisant apparaître les petits poils blancs si particuliers aux graines du pissenlit : les aigrettes (que l’on peut voir sur la photo de gauche).

Les aigrettes sont les petits parachutes qui leur permettent de s’envoler au moindre coup de vent. Un capitule peut contenir jusqu’à 150 graines et un pied de pissenlit peut produire jusqu’à 5000 graines par an, graines qui peuvent être transportées jusqu’à 30 kilomètres de leur lieu de naissance. Ainsi le pissenlit est passé maître dans l’art de conquérir rapidement de nouveaux espaces !

Et c’est cela qui fait qu’on le considère comme un plante nuisible. Mais cette considération n’est pas du goût de tous les habitants des prairies. Car les fleurs du pissenlit produisent du nectar en grande quantité. Elles sont donc particulièrement appréciées des insectes pour qui le pissenlit est une source de nourriture abondante. Certains spécialistes ont ainsi dénombré qu’un même pied de pissenlit pouvait être visité par plus de 90 insectes différents !

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