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Le terril de Rieulay, un réaménagement très particulier

15 octobre 2014 - Histoire de notre région, Nature & écosystèmes

Le terril de RieulayUn boulot verruqueux du terril de RieulayL’histoire de Nord, et plus particulièrement de la région qui va de Douai et de Valenciennes, est marquée par l’exploitation du charbon. Si les mines ont aujourd’hui fermé depuis plusieurs décennies, il reste les terrils. Petits monts noirs, ils sont réputés pour abriter une faune et une flore spécifique.

Parmi les terrils du Nord, le terril de Rieulay est présenté comme un site exceptionnel. Il naît en 1904 suite à l’ouverture de la fosse de Dessevalle. Il se développe avec l’augmentation de l’extraction du charbon. Après un pic de production au lendemain de la seconde guerre mondiale, l’activité diminue. L’extraction se termine en 1970.

Mais le terril de Rieulay connaît une évolution toute particulière. Aux alentours de 1977, un étang est creusé et des plantes sont installées sur ses bords. Tout d’abord dédié à la pêche, l’étang s’accompagne à partir de 1988 d’un parc de loisir, le parc des Argales, et une plage est aménagée.

D’ailleurs, les personnes qui ont grandi aux alentours de Rieulay au début des années 90 et qui se sont baignées dans cet étang en gardent un souvenir assez spécial. En effet, en réalité, très peu de gens s’y baignaient et les « courageux » qui s’y risquaient sortaient recouvert d’une fine couche noire. Cependant, il semblerait que la qualité de l’eau se soit aujourd’hui améliorée…

Parallèlement à cet étrange « plage », le terril bénéficie très tôt d’un programme de préservation de la faune et de la flore. Par la suite, et notamment de 2003 à 2005, le site est en « renaturation ». Autrement dit, il est aménagé pour favoriser le développement de la nature.

Ainsi, le site web Chaîne des terrils présente le terril de Rieulay comme le plus grand terril de France et comme un terril d’une valeur écologique remarquable. Il abriterait ainsi une centaine d’espèces d’oiseaux (dont 1 à 2 couples de Petit Gravelot, de Gorge-bleue à miroir et de Grèbe huppé), 5 espèces de batraciens (dont le crapaud calamite), 13 espèces de mammifères dont 3 espèces de chauve-souris et au moins une quarantaine d’espèces d’insectes.

Le site regorge également de plantes rares. Parmi elles, voici une liste non exhaustives des espèces les plus notables recensées en 2005 : l’Aphane à petits fruits rouges, la Molène effilée, le Laiteron des marais, la Scrophulaire des chiens, la Berle à larges feuilles, la Gesse des bois, le Pigamont jaune, le Micropyre délicat, le Potamot coloré et le Séneçon ramassé.

En dehors des plantes rares, le site a été rapidement recolonisé spontanément par des bouleaux verruqueux après l’abandon de l’exploitation du charbon. D’ailleurs, en cette saison, à leur pied se développent les amanites tue-mouches vivant en symbiose avec les bouleaux.

On peut se demander comment un terril a pu redevenir si rapidement un tel refuge pour de nombreux animaux et de nombreuses plantes. Peut-être est-ce également le cas pour d’autres terrils. Mais il est à noter qu’à l’origine, le terril de Rieulay a été érigé sur des prairies et des tourbières.

Comme en témoignent les zones préservées aux alentours, comme la roselière des Fiantons ou les tourbières de Vred, l’environnement du terril de Rieulay devait être très riche. Cela a certainement une forte influence sur la richesse de ce terril.

Ainsi, si les différentes collectivités responsables se félicitent du caractère exceptionnel de la faune et de la flore du terril de Rieulay, il est finalement bien normal de rendre à la faune et à la flore cet espace qui a dû être brutalement bouleversé au début des années 1900.

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