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Le zoo de Lille, une taille indigne…

27 mai 2015 - Protection des animaux

Les rhinocéros du zoo de LilleUn kookaburra du zoo de LilleAu début du mois de mai 2015, le zoo de Lille rouvrait ses portes après une rénovation de 4 mois ½. La Voix du Nord a publié un article à l’occasion de la réouverture du zoo s’intitulant : Animaux à l’aise et forte fréquentation : mue réussie pour le zoo de Lille.

Le zoo a en effet accueilli 12 300 visiteurs, le 2 mai, jour de sa réouverture. Et il faut savoir que le zoo de Lille accueille chaque année 900 000 visiteurs. La fréquentation est donc tout à fait exceptionnelle.

Pour donner un ordre de comparaison, le Muséum d’Histoire Naturelle a reçu 80 000 visiteurs en 2009 et le Palais des Beaux-Arts reçoit en moyenne 230 000 visiteurs chaque année.

Or visiter un zoo n’est pas une chose anodine. La Voix du Nord elle-même pointe, malgré un titre dithyrambique, les nombreux bruits qui génère probablement du stress chez les animaux…

Car, comme le montre le journal – sous couvert du mépris pour l’enthousiasme des enfants –, le zoo de Lille n’est pas le paradis qui nous est décrit. D’ailleurs, les gens savent très bien, au fond d’eux-mêmes, et malgré leur plaisir évident de contempler ces animaux exotiques, que le zoo n’est pas un lieu de vie digne de ce nom pour les animaux.

Et pour le zoo de Lille, outre l’absence de liberté, ce qui est flagrant c’est l’exiguïté des cages (à ciel ouvert ou non).

Le zoo s’étend sur 3,5 hectares (soit 35 000 m²). Autrement dit, si le zoo était un carré, il aurait des côtés de 187 mètres, ce qui n’est vraiment pas beaucoup vu les animaux qu’il abrite. Car le zoo garde en son sein entre 60 et 70 espèces animales pour 250 à 300 animaux en tout.

Ils sont répartis en 6 zones appelées l’« Allée des Volières », la « Maison Tropicale », la « Vallée des Singes », l’« Île de Madagascar », les « Terres d’Amérique » et les « Terres d’Afrique ». Voici la description qu’en donne le site de la ville de Lille :

« – L’Allée des volières est le plus ancien secteur du parc. Comme son nom l’indique, on n’y trouvait autrefois que des oiseaux : si les structures historiques ont été conservées, cela n’est plus vrai aujourd’hui puisque mangoustes, suricates ou coatis y côtoient désormais perroquets, rapaces ou canards d’ornement.

– Immersion garantie dans la Maison tropicale, où le visiteur peut découvrir reptiles, chauves-souris et petits mammifères dans un milieu à la température et l’hygrométrie élevées, le tout dans une ambiance nocturne.

– Les Terres d’Afrique, Terres d’Amérique et l’Île de Madagascar présentent toutes trois des espèces provenant d’une même zone géographique. Dans la première, direction la savane africaine avec les rhinos, les zèbres et l’éland du Cap. Dans la seconde, ce sont les tapirs, capybaras ou les alpagas que le visiteur pourra entra autres observer. L’Île de Madagascar lui permettra, elle, de découvrir ses plus célèbres habitants : les lémuriens.

– Enfin, sur les Îles aux singes, gibbons, siamangs et capucins jouent aux acrobates, tandis que pélicans ou canards s’ébattent sur le plan d’eau. »

Le plan du zoo donne d’ailleurs une idée de la taille des cages des animaux.

La « Vallée des Singes », l’« Île de Madagascar », les « Terres d’Amérique » et les « Terres d’Afrique » sont minuscules au regard des mammifères (plus ou moins grands) qui y sont confinés : les « Terres d’Afrique » renferment tout de même des rhinocéros, des zèbres et un élan du Cap sur une surface qui fait grand maximum 5900m² , soit un carré de 77 mètres de côté..!

Mais s’il est facile de s’émouvoir de la situation des grands mammifères, il est important de ne pas oublier les autres animaux qui ne sont pas beaucoup mieux logés. L’« Allée des Volières » n’est qu’un alignement de petites cellules rectangulaires et la « Maison Tropicale » est juste indécente.

La « Maison Tropicale » est certainement là où la densité des animaux est la plus importante, la logique étant probablement que plus les animaux sont petits, moins ils ont besoin d’espace. La tortue géante d’Aldabra est ainsi cloîtrée dans une petite cage triste aux parois de verre alors qu’en liberté, elle vit dans les plaines herbeuses, les mangroves et les landes des Seychelles et de Madagascar entre autres.

Mais ce qui est encore plus insensé dans la « Maison Tropicale », c’est l’ambiance nocturne justement mise en avant par le zoo. Car qu’est-ce que veut dire cette ambiance nocturne ? Que le jour et la nuit sont inversés ?

Car, si les animaux sont plongés dans la nuit toute la journée, durant les visites, il faut bien que l’alternance jour-nuit soit respectée. Si c’est bien ce qui se passe, cela veut également dire que le jour pour tous ces animaux est complètement artificiel.

Il est important de se rappeler de tout cela quand on parle de zoos, et notamment du zoo de Lille. L’objectif de l’Amicale progressiste n’est pas ici de jouer les rabats-joies mais bien de rappeler ce qu’est un zoo exactement. Les gens le savent déjà, ils essaient de profiter du bonheur que leur procure la vision d’animaux magnifiques mais c’est oublier que cela se fait toujours au détriment du bien-être animal, et au minimum du droit à sa liberté.

Un des zèbres du zoo de Lille

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