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L’épeire diadème, orfèvre des jardins

24 juillet 2014 - Nature & écosystèmes

Une épeire diadème sur sa toilePortrait en gros plan d'une épeire diadèmeDepuis les débuts de l’amicale progressiste, nous avons parlé de plusieurs animaux sauvages. La plupart du temps, c’étaient soit des oiseaux, soit des mammifères. Nous n’avions pas encore abordé la question des insectes et des arachnides. Pourtant, et malgré la répulsion voire la crainte dont ils sont l’objet, sont des animaux d’une importance capitale pour les écosystèmes.

Intéressons-nous donc à un petit animal très courant : l’épeire diadème. Araignée portant une croix blanche sur l’abdomen, l’épeire diadème peut être observée très facilement en ce moment dans les jardins, les haies, délicatement installée sur sa toile qu’elle tisse généralement grâce aux branches d’un arbre (c’est d’ailleurs pour cette raison que nous avons placé l’épeire diadème parmi les écosystèmes forestiers même si elle apparaît dans bien d’autres endroits).

L’épeire diadème est une véritable orfèvre qui construit de grandes toiles très régulières, toiles qu’elle recommence régulièrement. L’épeire diadème tisse une toile entière en à peu près une heure, produisant environ 30 mètres de fil, selon un rituel très particulier.

Tout d’abord, elle va se percher, en haut d’une feuille par exemple, pour lancer un premier fil qui va flotter dans les airs et s’accrocher sur un autre support, au gré du vent. Elle parcourt ensuite ce premier fil plusieurs fois pour le renforcer et vient se placer en son milieu. Elle se laisse alors tomber adroitement pour atteindre un troisième point de fixation. Elle a ainsi formé un Y qui est la base de sa toile.

Se servant de ce Y, elle tisse les fils formant le cadre extérieur puis tous les rayons. Enfin, elle termine en tissant deux spirales : une première, au centre et non collante, qui lui permet d’attendre l’arrivée d’une proie et une deuxième, un peu plus loin, collante celle-ci, qui lui permettra de capturer cette proie tant attendue. Il est possible de trouver de superbes animations montrant très bien ce rituel de tissage.

L’activité de construction de le toile est très énergivore pour l’araignée. Pour palier à ce problème, elle a pour habitude de déguster son ancienne toile, ce qui lui permet de recevoir une partie des sucres et acides aminés nécessaires à la construction de sa nouvelle toile. L’autre partie de sa nourriture provient, bien évidemment, des insectes qu’elle capture dans son piège géométrique.Le tissage de l’épeire diadème est un travail fascinant. On ne peut qu’admirer la précision avec laquelle l’araignée fait et refait, dès lors que son ancienne toile est abîmée, un nouveau réseau de fils. Il est bien dommage (et révélateur de leur statut de « nuisible ») que de nombreuses personnes souffrent d’une phobie plus ou moins prononcée des araignées alors que nous devrions plutôt nous émerveiller de la virtuosité de ces animaux.Mais il y a, comme toujours, des gens sensibles à cela, éprouvant de la symptahie et finissant même par s’attacher à ces petits êtres, comme en témoigne cette touchante anecdote datant de novembre 2013 :

Bonjour,
j’ai onze ans et une épeire diadème c’est installée dans ma salle de bain en fin d’été.
Je voyais qu’elle n’attrapait pas d’insecte donc je lui ai donné des insectes morts que j’ai trouvé par terre mais elle ne les acceptait pas.
Je lui donné un nom:Tartempion 0_o
Il parait qu’elles dorment pendant l’hiver donc elle était un petit peu dans les vapes.
Hier,Tartempion ne bougeait plus, je ne sais pas si elle est morte ou si elle hiberne car elle est molle.
J’était tellement triste que j’ai pleuré.

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