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Les bénédictions d’animaux à la fête de Saint-François d’Assise à Chéreng

8 juin 2016 - Arts & culture, Manifestations & expositions

La fête de Chéreng de Saint-François d'AssiseLe lâcher de pigeons de la fête de Chéreng de Saint-François d'AssiseNous expliquions dans notre dernier article que les chevaux de la police montée ont été bénis pour porter chance aux policiers lors de l’Euro 2016. Mais cette « coutume » est en fait pratiquée depuis plusieurs années, depuis 2012 exactement à Chéreng.

Qu’est-ce qu’elle signifie ? Et par qui est-elle organisée ?

Tout d’abord, cela se passe à Chéreng, qui est certes une petite commune de 2976 habitants, mais qui est très proche de Villeneuve d’Ascq. Ce n’est donc pas un village de campagne isolé.

Ensuite, on peut voir que ces bénédictions étaient, au départ, organisées au siège de la Fédération des Chasseurs du Nord, le château de Chéreng. La collaboration avec la Fédération des Chasseurs avait d’ailleurs l’air plutôt étroite : en 2012, la messe de la bénédiction se déroulait en présence des trompes de chasse d’Hazebrouck (et il semble qu’elles soient présentes à chaque manifestation) et, en 2013, la bénédiction a eu lieu le jour de l’Assemblée Générale de la Fédération des Chasseurs du Nord.

Cependant, depuis 2014, il semble qu’il y ait eu divergence entre la paroisse et les chasseurs et la fête est dès lors organisée sans ces derniers, à la ferme équestre de l’Autour. « Auparavant, nous bénéficiions de la logistique de la Fédération des chasseurs mais elle a changé son fusil d’épaule » explique l’un des organisateurs.

A chaque nouvelle édition, la fête prend de l’ampleur et, cette année, en 2016, la messe de bénédiction se transforme en fête de la nature.

Tout d’abord, il y a une grande messe à laquelle tous les animaux sont autorisés.

« C’est Olive, la jument municipale, qui ira chercher le curé à l’église de Chéreng pour l’amener, en calèche, au manège de la ferme équestre de l’Autour, où aura lieu l’eucharistie à 11 h. Six cents fidèles sont attendus. Ils pourront faire bénir leurs animaux à l’issue à la messe, vers 12 h 15. »

A la fin de la messe, il y a un lâcher de 150 pigeons du club colombophile et l’après-midi, le journal catholique La Croix du Nord détaille qu’il y aura « des animations avec les chevaux de la brigade équestre et les chiens du SDIS 59 (service départemental d’incendie et de secours) raviront les familles, ainsi qu’une démonstration sportive de Poney Ball avec le centre hippique d’Hem. »

La fête de la nature se concentre donc sur une vision très limitée de la nature. Le père Nicolas Duquesne, qui officie la messe, précise :

« Nous avons lancé ce rendez-vous avant la sortie de l’encyclique du pape François sur l’écologie ! Nous voulons signifier que la Création nous est confiée, c’est une sorte de sensibilisation. Le lien avec saint François d’Assise, ami des animaux, sera rappelé par une prière. Nous mettons en avant les animaux domestiques, mais aussi ceux qui rendent service aux hommes, dans le secours, le handicap »

Le fait de mettre en avant les animaux qui sont au service de l’être humain n’est pas sans rappeler la « juste place » de l’animal. Dans cet article, nous expliquions que cette vision de l’animal comme n’existant qu’en tant qu’outil utile à l’être humain tenait du catholicisme social.

Bien sûr, les gens participant à ces messes considèrent certainement leurs animaux plus que comme de simples outils. Toutefois, la fête en elle-même ne peut être séparée de la tradition catholique et de sa vision utilitariste des animaux.

Cette manifestation est appelée fête de Saint-François d’Assise. Et cela a son importance. François d’Assise est le patron des écologistes : il a été officiellement proclamé par Jean Paul II, le 29 novembre 1979 « patron céleste des écologistes ». Il est également souvent appelé le « saint aux oiseaux » ou le protecteur de toute créature.

Mais si François d’Assise est désigné comme l’ami de tous les animaux, la fête de Saint-François d’Assise tient en réalité plus des traditions rurales liées à l’agriculture. Un autre de l’équipe d’organisation explique en effet que les bénédictions d’animaux étaient traditionnelles dans les campagnes. « Nous renouons avec une belle tradition, quand le prêtre allait dans les fermes bénir les animaux et les récoltes ».

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