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Le Combat de coqs en Flandre par Rémi Cogghe

9 mars 2015 - Arts & culture

Dans notre dernier article sur les combats de coqs dans le Nord, nous avions illustré l’article par des détails d’une peinture de Rémi Cogghe, que le musée de La Piscine de Roubaix présente ainsi :

« Remy Cogghe est assurément la figure la plus populaire à Roubaix de la peinture à la fin du XIXème et au début du XXème siècles. Né à Mouscron, en Belgique, dans une famille modeste qui vient s’installer à Roubaix lorsqu’il n’est encore qu’un enfant, il témoigne très tôt de dons pour le dessin et suit les cours de l’Ecole des Beaux-Arts de Roubaix puis l’enseignement de Cabanel à Paris. »

C’est en 1889 qu’il peint Combat de coqs en Flandre.

Combat de coqs en Flandre de Rémi Cogghe

Voici la description qu’en fait La Piscine :

« La composition est verticale et le tableau assez grand pour donner l’impression que les personnages sont grandeur nature. Les teintes générales sont assez sombres, la scène se passe dans un intérieur. Au premier plan, sur un plancher jonché de plumes et de taches de sang, deux coqs s’affrontent dans un combat violent. A leurs pattes, on remarque des ergots métalliques qui ajoutent à la gravité des coups. Derrière une rambarde qui encercle le combat des animaux se tient une foule de spectateurs, tous des hommes. Certains sont visiblement des grands bourgeois, qui portent des chapeaux haut-de-forme ou melons. Au premier plan, un homme assez âgé, en chemise blanche et gilet jaune, tient un sac de toile qu’il a posé sur la rambarde du gallodrome. Quelques costumes et casquettes sont ceux d’ouvriers qui suivent le combat avec attention. Une mezzanine crée une tribune pour un second niveau de spectateurs et des bras de parieurs font le lien entre ces deux espaces. »

Cette description est intéressante car elle souligne la présence de grands bourgeois alors que les ouvriers ne sont que quelques-uns.

Dans notre article précédent, nous expliquions qu’à notre époque, les combats de coqs ne sont pas une pratique populaire dans la mesure où ils ne sont pratiqués que par très peu de gens.

Mais cette peinture, issue du mouvement naturaliste, montre que les combats de coqs n’étaient pas non plus une pratique populaire à la fin du 19ème siècle. En effet, si les combats de coqs avaient été une pratique populaire, le tableau – qui se veut le plus proche possible de la réalité – n’aurait représenté que des ouvriers.

Or la présence de bourgeois est révélatrice, particulièrement à cette époque où bourgeois et ouvriers ne se mélangeaient pas. Cependant, cette peinture ne permet de savoir qui était là pour parier et qui était propriétaire d’un coq.

Le tableau soulève en effet cette thématique des paris liés aux combats de coqs : les paris sont en réalité l’activité centrale de cette pratique, d’où les regards captivés et l’agitation, provoquée non par le combat des coqs mais par l’échange de l’argent des paris.

Les spectateurs semblent d’ailleurs plus captivés qu’enfiévrés par le combat. Cela pourrait être dû au mouvement naturaliste, qui fait peu de cas des émotions, mais cela pourrait également être une dimension des combats de coqs.

Toujours est-il qu’à la fin du 19ème siècle, les combats de coqs étaient déjà une pratique liée aux villes et non populaire, puisque fortement reliée à la bourgeoisie de cette époque.

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