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Les élections départementales de mars 2015 et les propositions écologiques pour le Nord

24 mars 2015 - Vie de la cité

Découpage des 30 cantons de Lille, Douai, Valenciennes, CambraiDimanche 22 mars 2015 se déroulait le premier tour des élections départementales. Les résultats sur la partie du Nord qui nous intéresse ici (soit 30 cantons visibles sur la carte ci-dessus) montre une courte victoire du Front National, avec 30,86 % des voix en moyenne, sur l’Union Pour le Nord (les partis de droite) avec 29,39 % – soit un meilleur score pour le Front National qu’à l’échelle nationale. Le Parti Socialiste loin derrière à 20,78 %.

Du fait de l’héritage ouvrier, la gauche de la gauche arrive tout de même à réaliser des scores avoisinant ou dépassant les 20 % dans 10 cantons. Europe Écologie Les Verts atteint une moyenne de 6,26 % lorsqu’ils se présentent seuls (ce qui est sensiblement mieux que la moyenne nationale).

Les résultats montrent donc, comme partout en France, voire même de manière plus accentuée encore, une nette progression du Front National. Il arrive en tête dans 14 cantons (soit à peu près la moitié de ceux pris en compte) et n’est éliminé que dans 3 cantons (Lille 2, Lille 5 et Villeneuve d’Ascq) avec, malgré tout, des scores autour de 20 %.

Le Parti Socialiste ne passe au 2e tour que dans 9 cantons (donc à peine 1/3) et le Front de Gauche dans 3 cantons.

En tant que progressiste, l’amicale s’associe aux différent appels à faire barrage au Front National et à voter pour tout candidat se présentant contre lui.

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Une tourbière à VredConcentrons-nous maintenant sur la manière dont l’écologie a été défendue au cours de ces élections.

En effet, même si les différents rôles des conseils départementaux (anciennement conseils généraux) ne sont pas encore précisément définis, on peut se douter qu’ils ne diffèreront pas radicalement de ceux des conseils généraux. Le site du conseil départemental du Nord présente les domaines de l’« environnement » dans lesquels il joue un rôle : le boisement, l’entretien des espaces naturels sensibles, la gestion des ressources en eau, le traitement et la valorisation des déchets. De manière plus générale, le département gère aussi les routes, les transports collectifs et l’agriculture (aide au développement local et développement de la filière biologique).

Les leviers sur lesquels les futurs élus pourront s’appuyer pour défendre l’écologie sont donc plutôt nombreux.

Pour saisir encore plus l’importance de ces rôles, il est intéressant de reprendre brièvement l’état des lieux dessiné par les indicateurs de l’écologie dans le Nord : une qualité de l’air et de l’eau déplorable, une production d’énergie renouvelable en chute relativement aux autres départements, une gestion des déchets lamentable, une agriculture biologique faible même si en progression et une biodiversité plutôt bonne.

Comment les différents candidats se sont emparés de ces questions ?

Du fait de notre intérêt particulier pour les questions écologiques, voyons d’abord ce que proposent Europe Écologie Les Verts. Sur leur site du Nord Pas-de-Calais, leur stratégie quant aux élections départementales était surtout centrée sur le fait de ne pas se présenter avec le Parti Socialiste. Voyons donc ce qu’il en est sur les sites plus locaux : deux thèmes étaient principalement développés, à savoir les transports « verts » et l’agriculture biologique.

La question des pics de pollution de la semaine dernière (du 16 au 22 mars 2015) a été abordée par de nombreux candidats de ce parti, notamment au travers de leur profil Facebook. La réponse généralement apportée se centrait sur les transports et, surtout, le développement des transports en commun et du vélo : desserte de bus plus étoffée et plus efficace, développement du covoiturage, aménagement de pistes cyclables, mais aussi aménager des temps de travail et amélioration de la desserte par les TER.

Un petit canal naturel de l'Escaut à MasnieresLe deuxième point important consiste en des aides à l’agriculture biologique pour, d’une part, limiter l’utilisation des produits phyto-sanitaires et permettre ainsi la protection de l’eau (point qui n’est cependant resté abordé que par très peu de candidats) et, d’autre part, améliorer la qualité des aliments dans la restauration collective.

Bizarrement, le sujet de la préservation d’une eau de qualité était bien plus développé dans le programme du Nord solidaire, écologique et citoyen – union d’Europe Écologie Les Verts et du Front de Gauche – que lorsque les Verts se présentaient seuls.

Au sujet du canal Seine-Nord, aucune réflexion sur l’impact écologique, seul est abordé l’impact économique. Sur le statut des renards – considérés comme nuisible et qui font donc l’objet d’une chasse particulière – (la lutte contre les nuisibles étant du ressort des départements), la gestion des déchets, la gestion des boisements, l’entretien des espaces naturels sensibles, rien n’est dit de la part d’Europe Écologie Les Verts.

Le Parti Communiste, quant à lui, n’abordait pas du tout la question de l’écologie. Il soutient même sans réserve des projets comme la canal Seine-Nord. L’amélioration du réseau routier et des transports publics étaient des sujets abordés mais ici, aucune considération pour la pollution, suivant leur slogan « l’Humain d’abord », l’objectif étant, suivant les cantons, de désenclaver les régions rurales ou de désengorger les régions urbaines…

Le Parti Socialiste, par contre, abordait sensiblement les mêmes sujets qu’Europe Écologie Les Verts quant à l’écologie : développement de la filière agricole biologique et d’une agriculture de proximité et focalisation sur les modes de transport « doux » (doublement des rames de métro et aménagement des pistes cyclables notamment).

A droite et à l’extrême-droite, le discours était centré sur la contestation du gouvernement actuel et notamment sur l’« arrêt du gaspillage ». La nature est rarement mise en avant, et quand elle l’est, c’est plus pour sauvegarder un cadre de vie agréable que pour préserver la nature elle-même.

En conclusion, finalement, bien peu de choses ont été dites pour l’écologie durant ces élections départementales dans le Nord. Pourtant, le conseil départemental peut jouer un rôle notable dans la défense de la nature et beaucoup d’idées intéressantes auraient pu être développées dans le département du Nord, aujourd’hui malheureusement dans un état écologique passablement déplorable.

Ainsi, il est regrettable qu’Europe Écologie Les Verts n’ait pas eu le courage de dépasser les classiques projets de soutien à l’agriculture biologique et aux transports les moins polluants pour avancer des propositions écologiques dignes de ce nom et véritablement ancrées dans la réalité locale.

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