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Les réserves naturelles du Nord

Les réserves naturelles du NordUne grenouilleLe 8 mai 2015, La Voix du Nord publiait un article sur les orchidées sauvages de la région. L’article parle notamment des pelouses calcicoles des coteaux calcaires du Boulonnais et de l’Artois, un lieu privilégié pour trouver des orchidées. Cependant, l’article explique également que ces pelouses « auraient perdu entre 50 et 75 % de leur surface en un siècle ».

Des réserves existent pourtant, comme la réserve naturelle régionale des Riez de Nœux-les-Auxi qui fait huit hectares et qui accueillent onze espèces d’orchidées sur les 44 que comptent la région. Mais que représentent ces huit hectares ? Huit hectares correspondent en réalité à 0,08 kilomètre carré. Autrement dit, si cette réserve était un carré, elle serait un carré de 280 mètres de côté. Pour donner un ordre d’idée, cela représente environ 10 terrains de football.

Qu’en est-il du Nord ?

Le département comprend 14 réserves naturelles régionales et 1 réserve naturelle nationale. À elles 15, ces réserves naturelles occupent 602 hectares du département (qui fait en tout 5743 km2). Elles représentent donc 0,1 % du département. Or, à l’échelle nationale, les réserves naturelles représentent 0,5 % du territoire métropolitain – ce qui est déjà très peu. Autrement dit, le Nord comporte 5 fois moins de surface de réserve naturelle que la moyenne nationale.

C’est un bien triste constat.

Comme on peut le voir sur la carte, les réserves sont réparties de manière plutôt homogène sur l’ensemble du département. Dans ces réserves, on trouve des zones humides, des tourbières, des marais, des massifs boisés, des prairies calcicoles et des dunes. Sur les 15 réserves, une seule fait plus de 1 kilomètre carré.

Plusieurs questions se posent alors.

Tout d’abord, pourquoi y a-t-il si peu de réserves sur notre territoire ? On pourrait tout de suite se dire que c’est dû à la densité de population humaine. Cela peut peut-être expliquer la taille, si petite, des réserves naturelles du Nord. Mais, alors, il serait possible de les multiplier sur le territoire.

Une autre question se pose en conséquence : à partir de quelle taille une réserve naturelle a-t-elle un intérêt pour le développement de la faune et la flore ? Il est évident que plus la réserve est grande, plus les animaux et les plantes pourront se multiplier.

Par conséquent, on peut se demander, dans un département comme le Nord, s’il est intéressant d’avoir de nombreuses réserves de petite taille ? Ou cela est-il plutôt inefficace et faut-il alors mettre en œuvre un grand chantier de mise en place de grandes réserves naturelles ?

On est bien sûr tenté de dire qu’il faudrait les deux.

Un autre point qui soulève des questions est celui des critères de classification d’une zone en réserve naturelle. En général, lorsqu’on se renseigne sur une réserve naturelle, on découvre surtout les espèces rares qui sont hébergées dans ces réserves.

Il est intéressant de voir que des espèces – qu’on ne trouve parfois nulle part ailleurs – sont protégées dans ces zones. Cependant, cela veut-il pour autant qu’une poule d’eau ou un iris des marais ne serait pas digne de bénéficier d’un lieu de vie protégé ?

Nous pensons que tout animal ou toute plante mérite qu’on crée une zone protégée. Le Nord pourrait ainsi multiplier les réserves naturelles, même dans des endroits n’hébergeant que des êtres qualifiés de « banals » !

En effet, l’intérêt d’une réserve n’est pas de « collectionner » les espèces rares mais de préserver des espaces de nature, quels qu’ils soient.

Enfin, une dernière question qui se pose est celle de l’ouverture des réserves naturelles aux êtres humains. Faut-il interdire complètement la présence des êtres humains ? Faut-il donner la possibilité aux gens de venir visiter les réserves, dans des conditions précises ? Sachant que les animaux vivent avec nous quotidiennement dans des écosystèmes très variés, quel est l’impact réel des visites dans les zones protégées ?

Voici autant de questions auxquelles il serait intéressant de trouver une réponse pour pouvoir réfléchir au moyen de développer toujours les réserves naturelles dans notre département.