Menu

Les toilettes publiques

31 août 2014 - Études & projets écologiques

Plan partiel de l'emplacement des toilettes à LilleOù sont les toilettes ?Dans une journée, il revient de manière régulière ce moment où l’on ressent le besoin naturel d’aller aux toilettes. Si l’on se trouve chez soi ou sur son lieu de travail, cela pose peu de problème, on trouve en général les installations prévues à cet effet. Mais quand on se promène, quand on se rend à ses occupations ou quand on va faire ses courses, c’est toute une autre histoire. Et surtout dans les villes du Nord.

En effet, il n’y a pratiquement pas de toilettes publiques et gratuites facilement accessibles.

La plupart des quelques « toilettes publiques » existantes sont en fait privatisées et souvent payantes, comme les toilettes présentes dans les centres commerciaux ou les gares, où l’on doit s’acquitter en général de 50 centimes pour pouvoir se soulager, mais aussi des toilettes des cafés, brasseries et restaurants qui sont bien souvent « réservées à la clientèle ».

La ville de Lille est à ce niveau particulièrement catastrophique. Alors que de grandes villes de taille comparable comme Nantes ou Toulouse comptent respectivement 53 et 57 « sanisettes » – des toilettes publiques gratuites d’extérieur – avec prévision d’en installer 100 nouvelles pour Toulouse. Lille, quant à elle, n’en comptent que … 5. Ces toilettes n’existent que depuis très récemment et rentre dans un plan visant à en installer 20, les 15 supplémentaires devant être installés sous couvert « de voir comment ça fonctionne avant de multiplier les installations » (dixit un adjoint) ! L’office du tourisme de Lille s’est doté de toilettes publiques depuis seulement 2011 et uniquement ouvertes aux heures d’ouvertures du bâtiment.

De son côté la mairie de Valenciennes commencent à en installer quelques-unes dans le centre-ville depuis 2013.

Cette situation est tout simplement honteuse !

La conséquence de cette situation est que beaucoup d’hommes urinent dans la rue, sur les façades d’immeuble, dans les rares lieux de verdures des villes (qui deviennent de fait inaccessibles de par leur saleté). Ce qui est tout simplement dégoûtant et rend ces lieux malodorants.

Les femmes quant à elles, pour la plupart, se retrouvent contraintes de se retenir. Et il a été démontré que le fait de devoir se retenir d’aller aux toilettes est à l’origine de nombres d’infections urinaires et d’une augmentation des risques de cancers de l’utérus et des reins.

On peut penser aussi aux personnes atteintes de la maladie de Crohn qui ne peuvent se retenir d’aller aux toilettes, maladie qui concernent 200.000 personnes en France.

En fait, cette situation est la conséquence de la négation de l’aspect naturel des êtres humains et en même temps d’une négation de la civilisation.

En effet, d’un côté, uriner et déféquer sont des besoins physiologique fondamentaux de tous les animaux qui vont de pair avec les besoins de se nourrir et se désaltérer. Et de l’autre côté, pouvoir se soulager en toute tranquillité dans un lieu propre et fermé à la vue des autres est élémentaire pour le respect de la dignité de chacun.

Dans cette optique, même quand certaines villes mettent en place des « sanisettes », celles-ci sont mises en place uniquement dans les centres-villes et les zones les plus touristiques.

Une politique prenant en considération l’être humain dans ce qu’il a de naturel, répondant à ses besoins et assurant la dignité de tous, c’est la mise en place des toilettes publiques et gratuites accessibles rapidement dans toutes les zones des villes et dans tous les bâtiments accueillant du public.