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Petite histoire du véganisme à Lille

22 juillet 2015 - Études & projets écologiques, Une vie saine

Les Halles de Wazemmes de LilleLa chambre de commerce à LilleCe samedi 18 juillet 2015 se déroulait la Vegan place à Lille. Un stand était installé place Richebé (le petit espace vert près du métro, juste à côté de la place République Beaux-Arts) par l’Association L214 et avait comme moyen d’approche l’échange du visionnage d’une vidéo contre un sandwich au jambon végétal. Ils ont également fait la promotion des soirées VegOresto, dans lesquelles des restaurants proposent des menus végétaliens.

Parallèlement, le magasin Végétal & Vous – présenté par La Voix du Nord comme pourvoyeur de mayonnaise biologique sans œufs, de bière sans gluten et de charcuteries végétales (jambon, salami, saucisses…), kebabs végétaliens et fromages à base de fécule de pomme de terre et de soja – affirme que la demande pour ce genre de produits est bien présente à Lille.

Ces deux sujets d’actualité sont l’occasion de revenir sur l’histoire du véganisme à Lille.

À la fin des années 90, début des années 2000, Lille était connue pour être le lieu en France où le véganisme était le plus développé. Les scènes alternatives et militantes, et notamment les milieux punks/anarchistes et les free-parties, participaient au développement d’une culture prônant le véganisme ou, pour être plus exact, l’antispécisme.

Wikipédia définit l’antispécisme comme un mouvement affirmant que l’espèce à laquelle appartient un être n’est pas un critère pertinent pour décider de la manière dont on doit le traiter et des droits qu’on doit lui accorder. L’antispécisme s’oppose au spécisme (qui place l’espèce humaine avant toutes les autres), à la maltraitance, à l’exploitation et à la consommation des animaux par l’homme.

Ainsi, de nombreux squats organisaient des cantines véganes. À l’époque, il était d’ailleurs impensable que des squats puissent proposer de la viande à manger. Cela ne se faisait tout simplement pas.

La considération pour les animaux faisait des émules mais c’était plus une exigence morale que le signe d’une compassion sincère pour eux. Cet antispécisme, inspiré des voisins anglais et allemands plus avancés sur la question de la libération animale, s’est rapidement répandu dans la métropole lilloise et est vite devenu relativement populaire.

Parallèlement à cela, il existait une mouvance d’extrême-droite sensible à la question animale, particulièrement présente dans la scène du black métal. Ils ne côtoyaient évidemment pas les mêmes lieux et n’ont jamais participé aux squats.

Enfin, à la même époque, les écologistes proposaient généralement un repas végétarien lors de leurs rassemblements et certains prônaient même le régime végétarien avec, cependant un fort accent mis sur la santé des êtres humains et non l’intérêt pour le sort des animaux.

Les différents mouvements ont évolué depuis. Aux débuts des années 2010, le véganisme a décliné dans les milieux anarchistes et, depuis, l’antispécisme s’est effondré.

Aujourd’hui, par contre, la considération pour le véganisme s’est répandue dans les mouvements de protection animale qui, par ailleurs, ont toujours été importants dans la région.

En outre, les végans de la métropole lilloise n’ont pas de difficulté à se fournir en nourriture grâce aux magasins bios et même aux supermarchés dans lesquels on retrouve souvent blocs de tofu, galettes végétales et autres préparations plus ou moins élaborées. Les magasins bios proposent notamment de nombreux produits qui, paradoxalement, répondent moins au besoin de ressembler absolument aux produits à base de viande comme on peut en trouver dans le magasin encore végan Végétal & Vous.

Il est aussi notable que les restaurants végans, phénomènes très récents, n’ont jamais réussi à percer à Lille.

Ces derniers constats tendent à montrer qu’aujourd’hui, les personnes véganes vivant dans la région lilloise sont soit issues de la classe populaire (puisque ne mangeant pas dans les restaurants) ou soit des gens n’habitant pas dans les villes (profitant alors des supermarchés et magasins bios pour se ravitailler).

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