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Phytogéographie de Lille à Cambrai

9 décembre 2014 - Études & projets écologiques

Le Lac du heron à Villeneuve d'AscqL'étang de Chabaud-Latour à Condé-sur-EscautIl y a quelques semaines, nous parlions de l’écologie dans le Nord. Mais avant d’aller plus loin dans cette étude, il est nécessaire d’en savoir un peu plus sur des caractéristiques géographiques de la zone qui nous intéresse, à savoir le secteur Lille-Douai-Valenciennes-Cambrai.

Généralement, lorsqu’on présente des données géographiques, on utilise le découpage des zones administratives « traditionnelles » – la Flandre romane, une partie du Hainaut français et le Cambrésis – ou les arrondissements. Mais ce n’est pas ce genre de découpage que nous allons utiliser ici.

Sur le site du Conservatoire Botanique National de Bailleul est disponible une carte des territoires phytogéographiques du Nord Pas-de-Calais. La phytogéographie est une science au croisement de la botanique et de la géographie, qui étudie la répartition des végétaux en relation avec les caractéristiques géographiques, mésologiques (climat, sol) et biologiques (ensemble des organismes vivants).

Selon cette approche, l’ensemble de Lille à Cambrai est divisé en 6 zones principales (en gras ci-après). Ainsi, du Nord au Sud, on a :

Du fait de la richesse des critères pris en compte pour déterminer ces territoires phytogéographiques, ce découpage semble être le plus intéressant. Et c’est désormais celui que nous utiliserons.

Sur ces 6 zones, le relief est relativement similaire : à part la Plaine de la Lys et la Plaine de la Scarpe et de l’Escaut qui ne culmine qu’à moins de 20 mètres, le reste se situe entre 20 et 120 mètres. Le territoire sur lequel nous nous concentrons est donc constitué de plaines. Et, plus précisément, il est constitué de plaines alluviales, le terme alluvial faisant référence aux alluvions, sédiments déposés lors d’anciennes crues du cours d’eau.

Quant aux caractéristiques géologiques, le Conservatoire Botanique National de Bailleul explique que les 4 premières zones sont des « terrains sont majoritairement constitués d’argiles et de sables déposés au cours de l’ère tertiaire (Yprésien, Landénien) largement recouverts de limons éoliens (loess) et de dépôts alluviaux récents (plaines de la Lys, de la Scarpe et de l’Escaut). On est donc le plus généralement en présence de sols lourds et de pH neutre à acide. Notons cependant, entre Lille et [Seclin], l’existence d’une invagination de terrains crayeux, eux aussi largement recouverts de limons (Mélantois). »

Le Bas-Cambrésis, quant à lui, est caractérisé par des « terrains crayeux (ou localement marneux) du Crétacé supérieur ou moyen (Sénonien, Turonien) qui constituent la marge septentrionale du Bassin Parisien. Ces assises n’affleurent en général que sur les versants des vallées, les plateaux étant recouverts d’une épaisse couche de limons loessiques. Localement, des buttes tertiaires (Landénien) ont échappé à l’érosion (Bois de Bourlon près de Cambrai par exemple). »

Enfin, pour compléter ce premier survol de la géographie de Lille à Cambrai, on peut lister les domaines forestiers et les étendues d’eau. Les forêts sont rares. La zone qui nous intéresse n’en compte que deux : la forêt domaniale de Phalempin (675 ha) dans les collines de la Flandre intérieure [edit du 11/01/15 : dans le Pévèle], la forêt domaniale de Raismes-Saint-Amand-Wallers (4 737 ha) dans la Plaine de la Scarpe et de l’Escaut – qui est par ailleurs le plus grand domaine forestier de notre zone, malgré le fait qu’elle ne soit que le reste de l’antique « forêt de vicoigne ».

Deux territoires phytogéographiques concentrent les lacs et étangs : les collines de la Flandre intérieure ont [edit du 11/01/15 : le Mélantois et les marais de la Deûle et de la Marque a] le lac du Héron (à Villeneuve d’Ascq) tandis que la Plaine de la Scarpe et de l’Escaut regroupe l’étang d’Amaury, la mare à Goriaux, l’étang de la Malanoye et l’étang de Chabaud-Latour. Il est à noter que ces quatre étendues d’eau sont récentes puisqu’elles sont apparues suite à des affaissements miniers. Le Bas-Cambrésis contient également les étangs de la Sensée.

En conclusion de ce rapide aperçu, on voit 6 zones qui se dessinent avec des caractéristiques propres. Il sera intéressant de les étudier plus précisément pour poser les bases solides d’une étude détaillée de l’écologie dans le Nord, car l’écologie ayant pour point central la défense de la nature, il est indispensable de la connaître pour pouvoir en parler convenablement.