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Pies ramasseuses de déchets et moutons tondeurs de pelouse

12 juillet 2015 - Études & projets écologiques

Les moutons de Soay de la citadelle de LilleUne pie bavarde perchée sur un sapinÀ Lille, différentes initiatives ont été développées ces dernières années pour combiner entretien des espaces publics et écologie.

Ainsi, à la citadelle de Lille, des moutons de Soay (des moutons écossais) et des vaches Highland (également d’origine écossaises) sont chargés d’entretenir les prairies aux alentours des remparts de mai à novembre, et ce depuis 3 ans.

Le temps d’un week-end, ces paisibles ovins et bovins remplissent même le rôle de divertissement pour les enfants. Ce sont pourtant des espèces sauvages à l’origine et relativement plus farouches que les moutons plus communs dans nos régions : des enfants s’approchant d’eux pour les caresser telles des peluches doivent être une source de stress certaine pour eux.

Cette pratique devient de plus en plus répandue en France sous le terme d’« éco-pastoralisme ».

Mais, Villeneuve d’Ascq possède une version plus originale d’un projet du même type : Ecorvidés.

En 2013, un étudiant de l’Université de Lille 1, s’inspirant d’un programme new-yorkais d’éducation de corbeaux à ramasser des pièces, lançait l’idée de former des pies à ramasser les nombreux déchets traînant sur le campus.

L’idée était que les corvidés – dont font partie les pies – étant particulièrement intelligents, il devrait être possible de leur apprendre à sélectionner spécifiquement des déchets et à les ramener à une machine qui leur fournirait en échange des croquettes pour chats.

Le projet a depuis été mis en place par un enseignant-chercheur sensible à la cause écologique et les premiers essais significatifs seront mis en place en septembre.

Ces deux initiatives, bien que différentes, correspondent en réalité à une même vision des animaux et de leur place dans les villes.

En effet, de premier abord, ces deux projets reflètent une volonté de limiter la pollution engendrée par l’être humain, en n’utilisant pas de tondeuses polluantes ou en réduisant l’impact des détritus salissant les sols.

Mais, quand on y regarde de plus près, la façon de remplir ces objectifs n’est pas une solution correcte pour toute personne aimant et respectant les animaux.

Les gens qui parlent de ces deux projets révèlent eux-mêmes la logique sous-jacente : les moutons sont horriblement qualifiés de « tondeuses à gazon sur pattes » et le chercheur qui a mis en place Ecorvidés dit lui-même voir « trouvé ça farfelu au début. C’est bizarre de conditionner (je déteste ce mot) des animaux sauvages pour qu’ils rendent un service aux humains ! ».

L’animal n’est donc plus considéré comme un être vivant mais comme une machine dont le rôle est de servir l’être humain.

Cette idée correspond tout à fait au concept de « juste place de l’animal », issu du catholicisme social si influant dans notre région, et dont nous avions déjà parlé dans un article précédent.

Or lorsqu’on est sincèrement écologiste, la réflexion quant à la préservation de la nature ne peut être séparée de la considération pour les animaux, en tant qu’êtres vivants faisant partie intégrante de cette nature qu’on désire protéger. Autrement dit, vouloir défendre la nature sans défendre les animaux est complètement incohérent, et par conséquent voué à l’échec.

Par exemple, les pies nourries artificiellement aux croquettes pour chat vont voir leurs populations se développer de manière excessive et vont forcément venir perturber le biotope déjà probablement fragile du campus.

C’est pour cette raison que ce genre d’initiative ne constitue en aucun cas de bons exemples de projets écologistes qui devraient placer la considération pour la vie dans tous ses aspects en leur centre.