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« Stériliser votre chat, c’est le sauver »

22 janvier 2015 - Associations & refuges, Protection des animaux

Un chat tigre sur un toitUn chat tigré roux« Stériliser votre chat, c’est le sauver ». Tel est l’appel lancé par la SPA de Marly qu’on pouvait lire dans la Voix du Nord du mardi 20 janvier 2015. Le triste constat dressé par la directrice aborde un sujet particulièrement problématique : le fait que les chats, beaucoup plus que les chiens, soient laissés à leur sort dans les rues.

En effet, culturellement, les gens sont bien peu choqués de voir des chats vagabonder. Ainsi, même par les températures froides de ces derniers jours, on peut voir des chats dormir dehors, certains venant même miauler aux portes, visiblement à la recherche d’un abri chaud et confortable.

À la SPA de Marly, route de Préseau, on aime les bêtes, forcément, et on chouchoute particulièrement les chats. L’établissement marlysien est le seul de la région à avoir aménagé et ouvert, en mai 2014, un espace de 220 m2 entièrement dédié aux félins. Les chats recueillis en fourrière ont chacun leur box avec bien sûr tout le confort et les soins quotidiens du vétérinaire. Et même la radio ! « Ben oui, les animaux, aujourd’hui, sont tellement humanisés, qu’on s’est rendu compte qu’ils s’ennuyaient sans ce fond sonore », explique la directrice Jeanne-Marie Binot, qui lors de notre arrivée, était en train de négocier un devis pour faire installer des enceintes dans tous les bâtiments. Car les chiens aussi apprécieraient beaucoup Europe 1 : « ça les déstresse ».

Après le délai réglementaire de dix jours, les chats en fourrière accèdent à l’espace douillet du refuge avec couffin, jeux et courée pour gambader. Mais la capacité de la chatterie (70 places dont 32 box en fourrière) a déjà montré ses limites. Comme l’été dernier, où la SPA a recueilli entre le 1er juin et le 31 août pas moins de 204 chats. Parmi ceux-là, seuls 12 ont été restitués à leurs propriétaires. Car bien davantage encore que les chiens, on abandonne les chats. « Le taux de restitution est de 2 % pour les chats, contre 50 % pour les chiens », explique la directrice. Il faut dire aussi que très très peu de chats recueillis sont identifiables.

Des cartons remplis de chatons abandonnés

« Le plus gros problème, ce sont les maladies », explique Jeanne-Marie Binot, qui a dû renoncer à vacciner la plupart de ces félins, car trop fragiles. Les infections et virus, telle que la calicivirose, sont aujourd’hui d’une telle virulence « qu’ils résistent aux antibiotiques ». Dans un tel contexte sanitaire, laisser naître des portées d’une dizaine de chatons pour les abandonner ensuite relève d’une irresponsabilité insupportable pour la SPA. « Tout ce qu’on cherche, c’est le bien-être animal ». Clairement, la SPA en a assez de « récupérer des cartons remplis de chatons, laissés souvent dans les stations-service ». Son message, la solution : stérilisez vos bêtes !

La SPA a ainsi convaincu Laurent Degallaix, qui a débloqué 1 000 € de sa réserve parlementaire (sur les 13 000 du budget financé par l’association) pour soutenir la cause. Ce montant permettra de stériliser 130 chats, gratuitement, pour les propriétaires les plus démunis, sur cinq communes particulièrement touchées par la prolifération des félins (lire ci-dessus). Mais bien sûr, à chaque maître de se sentir concerné. Car comme le scande la directrice, « stériliser son chat, c’est le sauver ».